Célébration de la naissance de notre Maître Jésus

jésus marcher dans les pas des maîtres de la conscience mawlid paix vivre en harmonie avec le divin Dec 31, 2021

 

A l’occasion des célébrations chrétiennes de la naissance de notre bien-aimé Prophète Jésus (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui), j’ai eu l’immense joie d’animer, le 23 Décembre dernier, une conférence qui s’intitulait Jésus, l’Homme et Prophète : la Vie, la Voie, la Vérité que vous pouvez visionner ici

 

 

 

 

Jésus est un Prophète particulier, unique même, pour lequel, comme beaucoup d’entre nous, j’éprouve un amour spécial. Souvent, je plaisante au sujet de mon nom de famille qui remonte au moins à une dizaine de générations. "Ben Aissa" signifie en effet "fils de Jésus", et c'est une filiation symbolique et spirituelle que ma famille affectionne tout particulièrement.  

Ainsi, comme chaque année, comme mes enseignants me l'ont appris, j’aime profiter de cette période de festivités quasi mondiale pour célébrer moi aussi la naissance de Jésus, pour célébrer ce que l’on appelle son “Mawlid”. Je vous présente, dans cet article, quelques éléments explicatifs autour de la célébration de la naissance de Jésus et de l'état d'esprit à adopter pour vivre une réelle transformation ainsi que la trilogie que Jésus a exprimée lorsqu'il a dit : "je suis la Vérité, je suis la Vie, je suis la Voie"

 

 

 

PARTIE 1 - Quelques éléments explicatifs



QU’EST-CE QU’UN MAWLID ?

Un "Mawlid" est, d'une manière générale, le moment ou le lieu qui a été choisi pour se remémorer la naissance d'un Prophète ou d'un homme de Dieu. Les Prophètes sont la lumière de la guidance que Dieu a envoyée à l'humanité, et à ce titre, nous devons honorer et célébrer toute occasion de nous connecter à leur passage sur terre. Et ce n’est pas pour rien que Dieu, dans Sa Grande Sagesse et Son Amour pour Sa Création, nous parle de la venue au monde de Ses Bien-aimés dans Son Livre Sacré. 

Par exemple, au sujet de la naissance de notre maître Jean le Baptiste (Yahya), Dieu dit : "que la Paix soit sur lui le jour de sa naissance” (S.19 - V.15). Puis il attribue ces autres paroles à notre maître Jésus : “que la Paix soit sur moi le jour de ma naissance” (S. 19 - V. 33). On peut voir dans ces Paroles une invitation à célébrer ce souvenir par exemple en multipliant les formules de demande de connexion à lui le jour de sa naissance, ou encore en racontant son histoire. On sait aussi que le Prophète Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) jeûnait tous les lundis parce que c'était le jour de sa naissance.

On voit donc que les Prophètes eux-mêmes ont commémoré leur propre naissance, car en réalité, ils n'y voyaient rien de personnel : ils le faisaient par reconnaissance envers leur Seigneur pour toutes les bénédictions qu’ils avaient reçues et auxquelles ils invitaient le monde. Comme le dit le Prophète Joseph (que Dieu nous connecte à lui) : "Tout cela provient de la Faveur de Dieu sur nous et sur les gens, mais la plupart des gens ne sont pas reconnaissants" (S.12 - V.38).

 

Bougie, Flamme, Bokeh, Bougie Allumée, Aux Chandelles

 

Bien entendu, j’entends déjà au loin les contestations qui reviennent chaque année, non seulement sur la légalité du Mawlid en lui-même, mais aussi sur la question de la date de la naissance de Jésus… Il ne serait pas né un 25 Décembre, mais plutôt au printemps, selon une interprétation devenue assez courante. L’argument qui étaye cette réfutation est le fait que notre Mère Marie (que Dieu nous connecte à elle) a reçu des dattes fraîches venant du tronc d’arbre sur lequel elle s’est appuyée lorsqu’elle a donné naissance à son enfant béni, et que le palmier ne donne pas de dattes en hiver…

Honnêtement, cet argument ne me semble pas vraiment approprié, car il prouve que l’on n’a pas compris de quoi il s’agit, dans cette histoire ! Nous parlons d’une jeune femme qui avait consacré depuis sa tendre enfance sa vie à Dieu, à la méditation et à la prière. Une jeune femme qui recevait chaque jour de la nourriture que Dieu lui envoyait, et dont son oncle Zakariya a témoigné. Nous parlons d’une femme qui a reçu la visite du Saint-Esprit, et qui a porté un enfant sans qu’aucun homme n’intervienne dans l’équation… Nous pouvons lire toute cette histoire magnifique dans la Sainte Parole de Dieu, où un chapitre entier lui est dédié et qui vient nous conter le “Mawlid” de notre bien-aimé Jésus.

 

 

 Image extraite de la merveille série "Maryam" disponible sur YouTube

 

 

UNE QUESTION SECONDAIRE

Notre Dame Marie (que Dieu continue de nourrir son être et nous connecte à son amour) était sur le point d’accoucher lorsqu’elle a reçu l’ordre du Saint-Esprit de s’appuyer sur un tronc d’arbre. On parle ici d’un tronc mort, complètement brûlé. Lorsqu’elle l’a touché, le tronc a repris vie, et lui a donné des dattes fraîches. En même temps, une source d’eau pure a jailli de sous ses pieds, source qui n’existait pas la minute précédant ce moment de grâce. 

Ainsi, peu importe la saison, peu importe le climat et ses aléas, ce qui est sûr, c’est que c’était un moment miraculeux dans lequel Dieu, dans Sa Toute-Puissance, a décidé de dépasser les règles et lois biologiques qu’Il a Lui-même instituées. Un arbre mort qui reprend vie juste par le toucher du Saint-Esprit n’a pas besoin de printemps ou d’été pour donner des fruits !

De toute façon, cette question de l’authenticité de la date est en réalité secondaire. Nous n’avons pas besoin de perdre notre temps dans de longues recherches pour trouver quelle pourrait être LA date de cette naissance. Car si une date a été choisie par une grande partie de l'humanité pour célébrer cette naissance, alors, en tant que personnes qui se sont engagées à vivre en harmonie et perméabilité avec la Lumière venue de Dieu (muslim), il nous faut nous l’approprier, et célébrer ce grand Prophète, ce Sage. 

 

Israël, Jérusalem, Juif, Palestine, Religion, Temple

 

Nous pouvons nous appuyer pour cela sur l’exemple de notre Maître Omar Ibn al-Khattab (que Dieu nous connecte à son héritage). Lorsqu’il est arrivé en Palestine, on lui a dit que c’était à Bethléem que Jésus (que Dieu nous connecte à lui) était né. Son compagnon Ibn 'Abbas lui a alors dit que cela lui paraissait peu probable, au vu des éléments dont lui avait connaissance. Et qu’a dit notre maître Omar ? Lui a-t-il demandé de faire des recherches poussées ? A-t-il demandé aux gens qui célébraient Jésus à Bethléem d'apporter leurs preuves ? Pas du tout. Il lui a dit : "l’essentiel, c’est qu’il soit visité et célébré ici. Je vais donc le célébrer là où il est célébré". Sans chercher à entrer dans les détails, sans chercher à compliquer les choses, il a naturellement saisi cette occasion pour honorer et célébrer ce Prophète. 

Voilà pourquoi ces histoires de date et de dattes ne sont pas si importantes, au fond. Que Jésus soit né le 25 décembre, le 6 janvier ou en avril, cela importe peu. Que Marie ait reçu des dattes en décembre ou en juillet non plus ! L’essentiel est de savoir qui est célébré, pourquoi il est célébré, et comment nous allons le célébrer.

 

 

DEVENIR VIERGE 

Il n'y a que la Vierge qui puisse accueillir Jésus. Voilà une réalité qu’il nous faut méditer et transposer à nous-mêmes : si l’on veut prendre et vraiment retirer quelque chose de ces histoires, si on veut être effleuré par l’esprit de la vie, il nous faut apprendre à redevenir vierges. En s'informant et en méditant la vie de quelqu'un comme Jésus, il faut être prêt à recevoir et vivre quelque chose de transformateur, et non de purement informatif. 

Et, à l’image de la Vierge qui était la seule à pouvoir accueillir et porter Jésus, à l’image aussi de la coupe qui doit être vidée pour pouvoir être remplie, il nous faut devenir vierges de nos attentes, de nos certitudes et de nos préjugés afin que l’aigle de l’esprit puisse trouver en nous une branche sur laquelle se percher. 

 

 

Le Prophète Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) nous enseigne que : “en mentionnant les êtres bénis, vous allez être bénis à votre tour.” Dans un autre enseignement, il dit que “la mention des êtres bénis est comme la pluie qui vient arroser les terres arides”. Et nous savons combien les terres de nos cœurs sont devenues arides et combien nous avons besoin de mentionner les gens de bien. Que dire alors de mentionner un Prophète de Dieu, un esprit que Dieu en le décrivant a dit qu’Il l’avait envoyé sur terre :

 

“afin que l’on fasse de lui un signe, une théophanie, une manifestation (aya) pour tout le monde, pour la masse inconsciente (an-nass) et un amour, un signe d’amour, une bénédiction, une grâce venant de nous (rahmatan minna)” 

 

Un signe pour tous les hommes, et non pas uniquement pour ceux qui sont perméables, ou pour ceux qui embrassent la voie. Dieu a choisi de faire de notre bien-aimé Jésus (que Dieu continue de nourrir son être et notre connexion à lui) un miracle frappant qui attire l’attention de tous, même de ceux qui ne prêtent pas attention, même des oublieurs, de ce que j'appelle la masse inconsciente. Frappant, oui, car qu’est-ce qu’un miracle ? Ce que nous avons traduit par “signe”, “manifestation”, ou encore “théophanie” est tout simplement une Manifestation de la Présence Divine qui vient frapper les consciences d’un coup de fouet en rendant la Réalité plus tangible et accessible.

Enfanté par une mère sans être engendré par un père, l’existence de Jésus est toute particulière. Son lien avec les causes n’est pas totalement nul, mais il reste bien amoindri et atténué par rapport aux autres êtres humains, ce qui a eu des conséquences dans son rapport à l’existence humaine. En toute chose, son lien avec les causes et avec le monde de la matière se trouvait aminci, amoindri. Il était extrême dans sa manière de vivre, dans sa façon de parler, de manger, de marcher…

Les narrations issues de la tradition islamique que nous avons lues durant cette conférence et qui évoquent Jésus nous apprennent beaucoup à ce sujet. Elles peuvent sembler parfois un peu exagérées, mais en réalité elles nous expriment la perception générée par cette présence miraculeuse dans l’esprit des gens, la manière dont elle les a frappés. Ces histoires populaires relatent qu’il n'avait pas les mêmes besoins que les autres humains, qu’il était dans un état de consécration à Dieu et de recherche du détachement de ce monde (sawm) quasi-permanent. Par exemple, il jeûnait et ne mangeait que très rarement, que lorsqu’il s’agissait de partager un repas avec d'autres personnes. Ou encore, il dormait à même le sol, refusait le confort d’un lit, d’un drap, et même d’un simple oreiller..

 

 

Un livre merveilleux que je recommande vivement !

 

Comprenons que lorsque l'on s’intéresse aux histoires des Prophètes, et tout particulièrement à celle de Jésus, les lois naturelles que nous connaissons ne s’appliquent plus. Ce n’est donc pas le moment d’essayer d’actionner une logique rationnelle matérialiste basée sur des liens de cause à effet, alors que Dieu nous présente Ses Miracles pour ouvrir nos cœurs et nous embraser d’Amour pour Lui et Ses Bien-aimés !

 

VENIR AMOUREUX

Ainsi, si on approche ces moments de célébration et de mention des bien-aimés avec cette intention-là, si on ne vient pas seulement avec nos têtes, mais que l’on vient avec nos cœurs, de toute notre âme, si l’on vient mendiants et pauvres, certainement, on va prendre quelque chose, et quelque chose va se passer en nous. 

On doit venir amoureux, parce que dans ce marché, il n’y a que la devise de l’Amour qui est acceptée. Même si nous avons ou pensons avoir quelques connaissances historiques ou académiques, elles doivent être convertie dans la devise de l’Amour, ou être mises dans l'enveloppe de l'Amour, parce qu'il n'y a que l'Amour qui puisse être accepté dans ce Royaume béni. 

 

Enfants, Âgé, Des Familles, Main, Cœur

 

 

Les Prophètes sont des êtres que Dieu a créés afin qu'on puisse trouver l'Amour en eux et à travers eux, et aussi afin qu'on puisse L'aimer Lui à travers eux, et en eux. Ce sont des médiums d'amour, des êtres aimés de Dieu, bien-aimés de Dieu, fils de bien-aimés de Dieu… Il s'agit d'une lignée de bien-aimés. 

C’est également cela que signifie le verset précédemment cité : “afin qu’on fasse de lui une “rahma” venant de Nous" : afin de faire de Jésus un lien d'amour entre Nous (Dieu) et ce pauvre humain. Car Jésus va partager, exprimer, et manifester Notre Amour, il va embrasser le monde avec Notre Amour, et non pas avec son amour à lui. Il va aussi partager et embrasser avec Notre Paix, une paix, comme dit Jésus, “qui n’est pas comme celle de ce monde”, une Paix Divine et Éternelle. 

Les Prophètes nous sont envoyés pour embrasser ce monde de l'Amour Divin, mais aussi pour être aimés par le même amour que celui que l’on porte à Dieu, et non pas par un deuxième ou troisième degré de cet amour. 




UN SEUL AMOUR

Nos enseignants nous ont toujours dit qu’il est faux de dire "j'aime Dieu PUIS le Prophète”. C’est une erreur dans la conception que l’on a des choses (‘aqida). Ce qu’on doit dire, et vivre, c’est : “J’aime Dieu ET le Prophète”. En d‘autres termes, “J’aime le Prophète en Dieu”. Car il n’y a pas deux amours, il n’y en a qu'un seul.

C’est pour cela que même entre nous, nous nous aimons “en Dieu”, c'est-à-dire que nous nous embrassons dans l’Amour. On s’accueille mutuellement, on s’invite dans ce jardin, dans ce paradis, dans cet espace de grâce qui s’appelle l’Amour. Il n'y a qu’un seul Amour, c’est l’Amour de Dieu. En réalité, nul besoin d’ajouter “de Dieu”, c’est l’Amour tout court ! C’est ce lien qui nous lie à notre Origine, à notre Source Eternelle. Ce lien qui nous lie au vrai nous-même.

D'ailleurs, les enseignements prophétiques se rejoignent complètement sur cette notion d'Amour. Il est dit que notre maître Jésus (que Dieu continue de nourrir son être et nous connecte à lui) a dit : “Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement”. Alors que notre Bien-aimé Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) a dit lors de son tout premier sermon à Médine : “Aimez Dieu de tout votre cœur. Aimez ceux que Dieu aime, et aimez ce que Dieu aime”.

Un même enseignement, pour un même Amour.




LA CORDE POUR PUISER L’EAU DE VIE

Dans cet Amour, les Prophètes et les Bien-aimés de Dieu jouent le rôle de médium comme le fait la corde entre le seau et l’eau du puits. 

En toi, comme en chacun d’entre nous, se trouve un puits rempli de cette Eau éternelle, cette Eau de vie qui est l’Amour, la Connaissance, le Secret de Dieu. C’est donc en soi que l’on doit chercher, et nulle part ailleurs. Et le réceptacle dans lequel nous allons pouvoir puiser et recevoir cet amour, cette connaissance, cette vie, sont nos propres “bonnes actions” : il s’agit de notre seau.

 

 

Alors comment se fait-il que des gens qui “font” des bonnes actions et qui ont cette connaissance de Dieu en eux puissent mourir de soif malgré tout ? Tout simplement, car ils n’ont pas plongé leur seau dans le puits. Leur a manqué ce lien, cette corde qu’est l’amour des Bien-aimés de Dieu, et celui des Prophètes en tout premier lieu.

Je m'invite et je vous invite à ce royaume et à cet espace d’Amour. Plutôt que de spéculer sur la nature de Jésus, profitons de ce moment pour apprendre et prendre de lui, pour le recevoir et développer une nostalgie de le voir. 

Car nous sommes tous dans l’attente de le voir, dans ce monde ou dans l’autre… Et en réalité, la religion de quelqu’un se mesure par rapport à ce degré de nostalgie, ce degré d’intensité d’amour, pour la Rencontre de Dieu et de ceux que Dieu aime. Nous sommes donc là pour retrouver cet amour en nous et le développer. Pour y souffler un souffle de vie et l’embraser !




ISSA, JÉSUS

Le nom “Jésus” est un nom qui vient de l’hébreu ou de l’araméen. Or, il se trouve que l’araméen et l’arabe partagent les mêmes racines. En arabe, nous appelons Jésus “Issa”, venant du mot “‘assa” (arabe), qui renvoie à la notion d’imminence. 

Ainsi, Issa peut signifier “il est imminent”. Et en effet, il est le Prophète venu pour annoncer l'imminence de la fin des temps, l’imminence du Jour de l'Éternité et des Révélations des Réalités au grand jour. C'est lui, également, qui doit revenir sur terre pour combattre l'antéchrist. C'est d'ailleurs pour ces deux raisons qu'il est considéré comme le Prophète de la Fin des Temps. Il est dit qu’il viendra pour réparer le chaos qui aura été provoqué par les armées du mal (que Dieu nous protège), et qu’après cela, il emmènera avec lui toutes les âmes saines et saintes. À ce moment-là, le test qui est cette existence, sera terminé. Il n’y a donc rien entre lui et la fin des temps : il sera le sceau de la sainteté de l'esprit humain.

Nous pouvons trouver d’autres significations autour du nom “Jésus” qui renvoie selon une autre terminologie à la notion de caché, d’intérieur et de secret. Et en effet, il est un nectar cacheté, plus caché (batil) qu’apparent (dhahr). Ce nom peut aussi tout simplement renvoyer à l'esprit, car en effet, l'esprit est caché en nous, il n'est pas manifeste et visible comme le corps. 

Enfin, si l’on pousse plus loin, dans une langue encore plus ancienne de la région, on trouve le nom “Yessu’a” qui veut dire “le soleil” mais aussi “ce qui brille”.  

Et effectivement, Jésus s’est lui-même présenté et introduit de manière très humble, sans aucune prétention ni arrogance, en disant : "Je suis la Lumière de ce monde.” Une autre fois il s'est présenté avec ce que j’appelle “les 3 V” en disant : “je suis la Voie, je suis la Vérité je suis la Vie”. 

Et c'est vrai : il est la Voie, il est la Vérité, il est la Vie. Dans cette affirmation, je vois la trilogie de Jésus, une trilogie par laquelle il nous invite à la victoire, à l’ouverture. Comme s’il ouvrait ses deux bras vers le ciel, en forme de V, et qu’il nous enseignait comment vivre, comment cueillir et accueillir la vie cœur et bras ouverts. 





PARTIE 2 - La trilogie de Jésus



JÉSUS, LA VÉRITÉ ET LA LUMIERE

Vérité et Lumière sont deux synonymes. En effet, on ne peut pas lire ni s’ouvrir à la Vérité sans Lumière. C’est ainsi que l’on voit que ceux qui n'ont pas de lumière vont affirmer que ce qui est faux est vrai et que ce qui est vrai est faux. 

Jésus est une révélation de la nature intérieure de tous les Prophètes et de tous les saints. En ce sens, il n’est pas le seul à être l'Esprit de Dieu, car l'Esprit de Dieu est présent et manifeste en chacun des Prophètes qui ont été envoyés sur terre. Cependant, cet Esprit a agi en lui de façon plus frappante que chez les autres. 

 

 

  • Un parallèle entre Jésus et le Qor'an

Certes, tous les Prophètes ont apporté avec eux des théophanies, des manifestations de la Présence de Dieu que nous avons déjà définies plus haut. Par exemple, Moïse a, entre autres, vu sa canne devenir un serpent devant Pharaon, ou encore vu la mer s’ouvrir devant lui pour le sauver. Notre Bien-aimé Mohammed quant à lui a reçu de nombreuses manifestations de cette Présence, dont la plus frappante est le Qor’an. Ici, c’est la Révélation, le texte en lui-même, l’enseignement spirituel qui est sous forme miraculeuse. Le Qor’an a cette particularité d’avoir une double fonction : il porte en lui l’enseignement et il est également une théophanie en lui-même, tandis que la venue au monde du Prophète qui l’a reçu s’est faite de manière naturelle par la rencontre d'un père et d'une mère. 

Pour Jésus, c’est l’opposé : son enseignement n’avait rien de miraculeux dans sa forme, il enseignait de la façon dont tous ses contemporains pouvaient s’exprimer et enseigner, sans qu’il y ait quelque chose de frappant dans la structure, dans le tissu, dans la poésie de son enseignement. En revanche, sa création humaine était une théophanie en elle-même, comme Dieu nous l’a enseigné dans Son Livre en disant qu’Il a fait de lui “un signe pour tous les hommes”. Jésus avait ainsi, comme le Qor’an, un double rôle : celui de porter un enseignement, mais aussi celui d’être un signe clair pour frapper l’esprit des gens, et même de ceux qui refusent d’être frappés par la Présence de Dieu. 

Dans sa première fonction, celle d'enseignant, de porteur du Message et d’incarnation de celui-ci, on peut le comparer aux autres Prophètes, et notamment à notre Bien-aimé Mohammed. Mais dans le fait d’avoir une double fonction, Jésus est plutôt comparable avec la Dernière Lettre Divine parvenue à l’humanité, le Qor’an. Car, comme le Qor’an, Jésus avait cette double fonction d’enseigner, d’expliquer, mais aussi d’être ce miracle, ce signe clair de Vérité. 

 

Coran, Musulman, Islamique, Ramadan

 

D’ailleurs, un parallèle entre Mohammed et Marie peut être fait, venant confirmer cette affirmation. Nous avons évoqué plus haut la nécessité d’être vierge pour recevoir le Saint Esprit. Or, notre maître Mohammed avait l'esprit vierge, dans le sens qu’il était “oummi”, que l’on traduit communément par “illettré”, et qui renvoie en réalité à une notion plus large de préservation de la nature première humaine, une notion d’universalité. Il était donc vierge de toute prétention et de toute attente. 

C’est pour cela qu’il a été surpris lorsque lui a été donné le rôle de guide dans la grotte de Hira, alors qu’il était en retraite, plongé dans sa quête. Non pas pour chercher quelque chose pour lui-même, mais juste par amour si intense pour Dieu qu’il recherchait de plus en plus de proximité, à tel point qu’il ne parvenait plus à vivre une vie de tous les jours entouré de simples mortels. Certes, c’était déjà un être humain développé et conscient, un homme de Dieu qui cherchait à être guidé sur les traces de la religion de son arrière grand-père et dont le coeur était embrasé par cette quête et cet amour, mais il a été surpris par la venue du Saint-Esprit lorsqu’il lui est apparu.  

Et là, on voit facilement le parallèle entre notre Bien-aimé Mohammed et notre mère Marie. Car comme Mohammed, elle avait tourné le dos à son peuple, et s’était isolée d’eux afin de se consacrer à la méditation. Et c’est dans cette retraite spirituelle que le Saint-Esprit est venu la surprendre, alors qu’elle ne cherchait qu’à aimer Dieu et Lui parler. Comme Mohammed, elle ne s'attendait pas à être investie d’une mission ni à devenir la mère d'un Prophète ! 

Ainsi, c’est dans une retraite spirituelle que Mohammed à l'âme et l'intellect vierges de toute attente reçoit le Saint-Esprit. Et c’est également dans une retraite spirituelle que la Vierge, notre mère Marie, a reçu le Saint-Esprit. Mohammed y a reçu la Révélation que l’on appelle le Verbe de Dieu (kalimatullah), cette connaissance qui était déjà en lui sous forme de potentiel et qui a commencé à parler et jaillir de par la présence du Saint-Esprit. Marie y a reçu la bonne nouvelle, celle de la venue miraculeuse d’un enfant béni porteur de l'Esprit de Dieu (Ruh Allah), dont le potentiel était aussi déjà en elle depuis toujours. 

 

 

  • Le soleil qui ne voit que l'Absolu et la Réalité intérieure

Aussi, en ce qui concerne Jésus en tant que Lumière et Vérité, nous avons vu que le nom Jésus renvoie étymologiquement au soleil. Et il est vrai que Jésus est le symbole du soleil, de la lumière intérieure. D’ailleurs, ce symbole est confirmé par un autre signe que l'on trouve dans la Parole Sacrée en la mention du nom du Prophète qui lui allait lui succéder (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui). 

Nommé à cinq reprises dans le Qor’an, notre Bien-aimé est mentionné à quatre reprises par le nom Mohammed, et une seule et unique fois par le prénom Ahmed. Et il se trouve que cette seule fois où il est mentionné par le prénom Ahmed, c’est sur la langue de Jésus, qui annonce la bonne nouvelle : un Prophète, le seul qui restera après lui, qui “s'appellera Ahmed”. 

Pourquoi ne l’a-t-il pas nommé Mohammed, qui est son prénom avec lequel Dieu Lui-même le nomme ? Ce choix de prénom nous dit quelque chose de Jésus, quelque chose de très important. 

Le Prophète Mohammed a bien plusieurs noms, qu’on peut aussi considérer comme des titres, qu’il a lui-même énumérés. Les deux premiers sont bien Ahmed et Mohammed,  Ahmed venant en premier. Les deux noms ont la même racine “hamada”, la différence venant du fait que le nom “Ahmed” est à la forme absolue, superlative, alors que le nom Mohammed est à la forme relative, progressive. 

 

 

Ainsi, Ahmed désigne un aboutissement, une réalisation, une vérité absolue, alors que Mohammed indique un mouvement, une progression, un cheminement. Ahmed veut dire “le réalisé”, “l'accompli”, “celui qui est dans la station suprême de l'accomplissement, de l'aboutissement de la réalisation et du raffinement''. Je le traduirais par “le fin” : il est le fin, et la fin. Quant au nom Mohammed, il veut dire “celui qui est train de se raffiner”, “le raffinement”, “celui qui s'apprête à être aimé, qui se rend aimable et qui est aimable, louable”. Ainsi, Mohammed est une vérité relative que l'on peut porter relativement sur soi.

Pour comprendre la relation entre ces deux noms et ce à quoi chacun renvoie, nous pouvons lire dans un des poèmes de Sidi Ahmed al-Alawi que Ahmed est la racine, et Mohammed, la branche, ou que, comme dans un arbre de vie qui a plusieurs branches, Ahmed est le tronc, et Mohammed, les branches. Encore, dans une autre image très courante dans la spiritualité islamique, il est dit que Ahmed est le soleil, et que Mohammed est la lune qui reflète la lumière de soleil. 

On remarque également que le verset qui mentionne le nom de Ahmed est très bref, sans aucun détail donné sur ce Prophète à venir, alors que les versets nommant Mohammed sont riches en descriptions. Tout simplement car ces derniers viennent nous expliquer les piliers de la personnalité mohammadienne afin que l'on entreprenne ce processus de développement, de cultivation, alors que le verset de Ahmed vient exprimer la Réalité Absolue du Prophète. Nous reviendrons très prochainement sur le détail de chacun de ces versets dans un article à venir, mais ce qui nous intéresse ici, c'est de comprendre la manière dont Jésus voyait le monde. Lui ne voyait que Ahmed en Mohammed : que la Réalité Absolue dans le manifesté. Et il était comme cela en toute chose :  il ne voyait que la Réalité Absolue et parlait la langue de l'Absolu, la langue de l'esprit. 

 

 

 

Son lien avec le monde relatif, le monde des causes, le monde de relativité est très amoindri par rapport aux autres êtres humains. Comme nous l’avons vu précédemment, même ses besoins matériels et physiques étaient très minimes, lui qui était dans un état de consécration à Dieu et de recherche de détachement (sawm) quasiment perpétuel. D’ailleurs, même sa mère lui a donné naissance alors qu'elle était dans un état d’abstinence de la parole, une forme de consécration et de détachement que Dieu lui avait prescrite. Lui-même était connu pour ne parler et ne manger que très rarement, ne pas porter de souliers sauf exceptions, ne pas utiliser de monture et se déplacer à pieds, mais également pour avoir conservé le même et unique vêtement de laine de son jour d’arrivée à Jérusalem jusqu’au jour où il en est parti.. Son lien avec le monde de la matière était extrêmement minime. On ne peut pas imaginer un être humain qui aurait un lien avec cette dimension plus ténu, plus atténué. 

 

 

  • Dans la matrice de l'Eternité

Et nous pouvons comprendre d’où cela vient. Enfanté d'une mère sans l'intervention d'un père, c’est comme s’il était resté dans la matrice de l'Éternité. Car la règle commune est qu’il est impossible d’entrer dans le monde de la manifestation sans père. 

Voilà un symbole à méditer pour ceux qui aiment la science. Où est l’être humain avant de devenir un fœtus ? Il est un œuf dans le ventre de la mère, car lorsque la femme naît, elle porte déjà en elle tous les ovules qu'elle va produire au cours de son existence. Et chaque mois, nous savons qu’un œuf se présente pour être fécondé, à un moment bien précis. Si l’homme vient au bon moment, l'ovule va alors sortir de la matrice pour entrer dans le monde de la manifestation. Il va alors commencer à voir et appréhender le monde autour de lui et apprendre à se repérer dans l'espace et le temps. 

 

Binaire, Code Binaire, La Numérisation

 

Sans intervention masculine, on ne peut pas sortir de la matrice. Or, aucun mâle n’est intervenu pour la naissance de Jésus. On peut donc dire qu’il est toujours dans la matrice, mais pas dans la matrice du cosmos, non, dans la matrice-mère, dans la vraie matrice : celle de l'Éternel. Par conséquent, dans son goût et son jugement des choses, il ne voit pas les choses comme le commun des mortels. Il n'appréhende pas le monde de la même façon et n'a pas le même rapport au temps et à l'espace. D'ailleurs, il est dit qu'il était en voyage perpétuel, et cela sans boussole. C’est pour cela qu’un de ses noms est le voyageur (“al-massih”). 

En tant qu'homme resté dans la matrice de l'Absolu, Jésus voyait le Un en tout et partout. Car si dans le monde relatif, nous sommes dans le "tawhid", dans la nécessité de fournir l'effort de développer et de conserver notre conscience de l'Unicité de Dieu, dans le monde de l'Absolu, il n'y a plus de développement, plus de cheminement. On se trouve alors dans ce que l'on appelle "al-ahadiya" : le fait de ne plus voir et ressentir que Dieu. Et Jésus vivait sur terre dans cet état-là de “ahadiya”.

 

 

JESUS, LA VIE

 

  • Force de la vie et poids de la mort

Que ce soit en chacun d’entre nous comme en toute chose, se joue une lutte permanente entre la force de la vie et le poids de la mort. Dans la religion, cette lutte entre la force de vie originale et le poids de la mort se joue autour des routines vidées de sens, des images et des habitudes ainsi que des sous-cultures que les gens ajoutent. Ainsi, aucun message ou héritage prophétique n’est resté force de vie pure : du vivant de chaque Prophète, on trouve le poids et le fardeau de la mort en train de se développer autour de lui, alors qu’il s’applique, en tant que force de vie, à arracher inlassablement ce poids de la mort et à ramener encore et encore une nouvelle force de vie.

C’est pour cela que Dieu n’a de cesse de nous appeler à la vigilance en nous disant : "itaqillah" ! Ce qui signifie d’un côté : “couvrez-vous par la Grâce de Dieu, développez votre conscience de Sa Présence”, mais aussi “cherchez la force en Dieu”. Cherchez la force de Vie en Dieu, soyez forts ! Ne basculez pas dans la mort ! Renouvelez votre foi et votre flamme intérieure afin de pouvoir briller et chauffer comme une lampe ! Accueillez la vie, que votre religion ne devienne pas une structure morte ! 

Justement, il se trouve que lorsque Jésus est venu sur terre, la religion était devenue un corps sans âme. Elle était très affaiblie, au point que les deux Prophètes qui sont venus avant lui ont été tués pour des raisons incroyablement futiles, en toute inconscience. Ainsi, lorsque Jésus dit “je suis la Vie”, il faut comprendre : “je suis la Vie de ce message de Moïse, ô vous qui prétendez suivre le message de Moïse”. “Je suis la Vie de la Torah, ô vous qui prétendez lire la Torah”. En d’autres termes : vous êtes en train de lire des lettres sans esprit, et moi, je suis l'esprit des lettres ! Vous êtes en train d'appliquer des lois sans esprit, je suis l'esprit des lois ! Vous êtes en train de vivre votre religion sans âme, sans goût, sans intoxication, sans vin… donc en vain. Car, quelle est la raison d’être d’une religion qui ne t'amène pas à des états spirituels, d’une religion sans spiritualité, d’une religion qui n'est plus digne d'être appelée “religion”, tout simplement parce qu'elle ne fait plus son travail de relier l'être humain à son Origine et à sa Source ? 

 

Vitrail, Spirale, Cercle, Modèle, Verre, Religion

 

Jésus leur a donc dit : “je suis la vie”, en d’autres termes, je suis venu pour amener l'esprit de vie. Je suis un revivifiant et un revivificateur de l'esprit des lois, je suis une force de transcendance de la forme.

 

 

  • Une forme pour la transcendance

Le terme “revivificateur” est important ici, car il ne s’agit pas d’être dans la simple révision ou la réforme. Voilà une chose qu’il nous faut comprendre : si l’on ressent un besoin de renouveau, et c’est absolument vrai, alors, ce n'est pas à travers la réforme de la forme qu’on y parviendra. C’est plutôt en cherchant avant toute chose l'esprit de la vie dans cette forme que l’on pourra, avec notre souffle d'amour, accueillir le souffle de cet Esprit. C’est en retrouvant l'esprit que l’on ramènera les lois à la vie, et non pas en s’en débarrassant et en les remplaçant par une autre forme. La coupe est là, nul besoin de la jeter ! Le besoin est plutôt de la présenter de la bonne manière, ouverte vers le ciel, prête à accueillir la Vie et la Grâce. 

 

Mains, Plantes, Sol, Croître, Croissance

 

 

Ainsi, le problème n'est pas dans la forme de la religion, et il est important d'être conscient de cela. Certains sont tentés de rejeter la forme sous prétexte de chercher à la transcender, mais il ne faut pas confondre transcendance de la forme et abrogation de la forme. Abroger n'est pas transcender, et de toute façon, une forme ne peut-être abrogée que par une autre forme. La transcendance est une réalité spirituelle pure qui nous enseigne que pour être vécue, nous avons besoin de la forme. Ce n'est donc pas en ignorant ni en modifiant la loi que l'on parviendra à la transcender, mais plutôt en voyant en elle la voie, la foi et la vie. Lorsqu'on la vit et qu'on ne la subit pas. 

Il est vrai que notre communauté religieuse vit une crise. Sans aucun doute, nous avons besoin de la lumière, nous avons besoin du souffle de vie. Nous avons besoin d'un renouveau. Mais nous devons apprendre la leçon que nous donne notre bien-aimé Jésus, lui qui ne s’est pas présenté comme un réformateur venu amener de nouvelles lois, lui qui n’a même pas abordé la question de la loi en réalité, même si certaines d’entre elles étaient clairement des ajouts humains, il a choisi de garder le silence. Il a choisi de ne pas soulever cette question-là, tout simplement parce qu'il y avait une question prioritaire. Comme s’il disait : “Je suis la vie : je ne suis pas venu pour amener une nouvelle forme, un autre réceptacle ou une autre coupe. Je suis venu pour remplir la coupe avec l'Eau de Vie”. 

 

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  • Une question d'ADN

D’ailleurs, bien que Jésus n’ait pas de père, on pourrait, si on voulait vraiment lui attribuer une paternité spirituelle, le présenter comme le fils spirituel du Saint-Esprit, lui qui s’est tout simplement manifesté devant sa Sainte Mère Marie pour que le miracle se produise. Mais qui est ce Saint-Esprit ? En arabe, on le nomme “Jibraïl”, ce qui signifie “la force de l'esprit”, “l'esprit en force”, “la force et le renfort spirituels” (ar-Ruh), ou encore “le Souffle Divin”. Le Saint-Esprit est immense, il englobe tout l'univers avec ses 360 ailes dans le monde de la manifestation. Et en réalité, toute la vie et chaque être vivant baigne dans le Saint-Esprit.

À ce moment de manifestation, Marie était l’épicentre de la présence du Saint-Esprit à laquelle elle s’est éveillée. Et là, l'œuf de Jésus, qui était en elle depuis sa naissance, s’est également éveillé. Nous avons dit que les femmes naissent avec tous leurs ovules déjà présents en elles. Le potentiel de vie est déjà dans la matrice de la femme, dès sa création physique. Cela explique pourquoi le père et la mère de Marie se sont présentés comme les parents du Messie alors que Hanna était enceinte de Marie. Car l'œuf de Jésus était dans le fœtus lorsqu'elle est sortie du ventre de Hanna. 

Le Saint-Esprit n'a donc fait que manifester ce potentiel et le fertiliser, et c’est toujours ce que fait le Saint-Esprit en réalité. Sidi Ahmed al-Alawi nous enseigne à ce sujet que le secret du disciple est en lui, et que le maître spirituel n'est là que pour jouer ce rôle de renfort, de révélateur de la force intérieure, de la force de l'âme, non pour apporter quelque chose d'extérieur. 

Ainsi, cette filiation de l’Esprit était inscrite dans la chair, dans l’ADN de Jésus. Et cela explique pourquoi il parvenait à redonner vie aux choses même sur le plan biologique, comme par exemple cette fois où, enfant, il a façonné un corps d'oiseau en argile dans lequel il lui a suffi de souffler pour que le morceau d’argile prenne vie et devienne un oiseau. Ce n’est qu’une anecdote parmi tant d’autres, lui qui guérissait les malades, et ramenait les gens morts à la vie…

 

 

Colombe, Oiseau, Vol, Ailes

 

 

Cela vient de cette force de l'esprit qui était inscrite dans sa génétique, comme s’il avait des “chromosomes” du Saint-Esprit dans chacune de ses cellules. En touchant le mort, celui-ci reprenait vie, juste par sa parole : “Sois ! Par la permission de Dieu”. Sa présence est donc une présence de force de l'esprit, et Dieu sait combien cet esprit doit être fort pour ramener une religion réduite à ses cendres à la vie…

Car la religion fonctionne comme une langue en vérité : il existe des langues vivantes qui servent à la communication et des langues mortes qui ne servent plus à communiquer, et que l’on trouve dans les livres anciens et dans les musées. De même, il existe des religions mortes et des religions vivantes. Une religion vivante, c'est une religion qui sert à la communication et à la communion, une religion qui établit la connexion entre l'être humain et son Seigneur. D’ailleurs, la religion qui n'a pas de "salât" (qui veut littéralement dire “connexion”) n'est pas une religion véritable nous dit le Prophète Mohammed. 

Et en effet, chercher la connexion avec la Source, avec l'Origine est l’essence même de toute religion, et c’est pourquoi une religion se mesure par rapport au nombre d’hommes vivants, au nombre de saints qu’elle produit. Une religion qui ne produit pas de saints est une religion qui a prouvé sa stérilité. Une religion avortée, une religion morte. 

En ce sens, nous allons voir en quoi Jésus disait vrai en disant “je suis la voie” : la Voie de la sainteté. 

 


Moine, Pèlerinage, Chemin

 

JÉSUS, LA VOIE

En s’intéressant à Jésus en tant que Voie, on retrouve toute la splendeur de l'héritage spirituel, notamment l’héritage spirituel islamique. 

Pourtant, nous croyons que les Prophètes n'ont pas besoin de cheminer : Dieu les crée dans une station déjà très élevée et par conséquent, ils n’ont pas besoin de fournir d’effort, de cheminer ni de progresser. Ils sont l’incarnation d'une Réalité Absolue qui est déjà aboutie, et malgré cela, ils sont ceux qui ont accompli les exercices d’ascèse ou liés au cheminement en général les plus durs qui soient, non pas pour réaliser quelque chose pour eux-mêmes, mais plutôt pour servir d'exemple à ceux qui viendraient après eux. Ainsi, ils ont exprimé leur amour et leur dévouement au Divin dans des actes, des actions qui sont devenues, pour nous, des moyens de cultivation, des exercices de développement de conscience, de réalités intérieures et de vertus pour nous accompagner le long de notre cheminement. 

 

 

  • Le Maître du détachement

Parmi eux, notre maître Jésus était particulièrement extrême (et non pas extrémiste) et profond dans la manifestation de son amour et de son dévouement. Et c’est dans l’exercice de détachement de la matière et de la consécration à Dieu qu’il est devenu un summum, une référence. Voici, pour illustrer, une des citations qui lui est attribuée dans la tradition islamique à ce sujet :

 

“Ma nourriture est la faim, mon vêtement intérieur est la peur (ou la crainte). Mon habillement est de laine. Ma prière en hiver est quand le soleil se lève. Ma lampe est la Lune. Ma monture est mes deux pieds. Ma nourriture est ce que la terre fait pousser. Je dors la nuit sans rien posséder et pourtant je ne vois personne sur terre plus riche que moi”. 

 

Et bien naturellement, c’est dans la religion chrétienne, et aussi dans la religion hindou, qu’on retrouve le plus cette idée de détachement de la matière comme vertu à atteindre. D’ailleurs, il existe une théorie scientifique qui a ses preuves, qui mérite d'être entendue et écoutée, qui dit que Jésus aurait voyagé jusqu'en Inde. Il existe également une ressemblance frappante entre la façon d’être et de parler de Jésus et la façon d’être et de parler du Bouddha.

Mais ici, nul besoin de chercher à établir un lien de filiation historique. Car lorsque je vois Sidi Ahmed al-Alawi, mon bien-aimé, le maître de mon maître, celui qui m’a fait grandir dans la Voie en Tunisie (que Dieu nous connecte à leur héritage), qui a vécu au début du 21ème siècle, je comprends que l'esprit d'un Prophète peut s'incarner au-delà des rencontres physiques. D’ailleurs, on dit de lui qu’il était “‘issaoui”, c'est-à-dire qu’il incarnait l’héritage et l’esprit de Jésus, notamment dans sa pratique, et la Voie spirituelle dans laquelle il a grandi enfant est la Voie “‘issaouiyya”…

 

 

Ce sont les poèmes de Sidi Ahmed al-Alawi qui m'ont aidé à mieux comprendre certaines paroles de Jésus et avec cette idée que les paroles de Jésus sont Paroles de Dieu (kalamullah) Lui-même, parce qu’en réalité, Sidi Ahmed al-Alawi parle un peu de la même manière, en parlant souvent sur la langue de l’esprit, avec une telle majesté, comme le faisait Jésus. Dans ses poèmes, il peut dire “je suis la merveille de ce monde, je suis la lumière, je suis, je suis, je suis !”. Si c’était Sidi Ahmed al-Alawi qui parlait dans ces poèmes, alors ces paroles seraient réellement graves, et relèveraient de l’arrogance. Mais nous devons penser du bien des gens de Dieu, et nous savons que Sidi Ahmed al-Alawi ne parlait pas de lui-même : c'est l'esprit qui s'exprimait en lui, alors qu’il s’était complètement effacé dans la Présence de son Seigneur.  

 

 

  • Le maître des maîtres spirituels

Jésus était le maître de la connaissance de Dieu, le maître des maîtres spirituels. D'ailleurs, c'est à lui qu'on attribue la parole universelle : “celui qui se connaît soi-même connaît son Seigneur”, parole également attribuée au Prophète Mohammed et à notre maître ‘Ali… Qui lui aussi était “‘Issaoui”, qui était une incarnation spirituelle de Jésus parmi tous les compagnons. Comme lui, il portait toujours la même robe de laine, il marchait pieds nus, n’utilisait que très rarement de monture, qui ne mangeait que du pain sec et de l'eau une fois tous les trois jours, et ceci alors qu'il était le calife ! 

L’Imam ‘Ali était celui qui, parmi les compagnons, se référait le plus souvent à Jésus, citant ces paroles dont beaucoup sont rapportées jusqu’à aujourd’hui grâce à lui. On suppose qu'il avait entendu ces enseignements-là du Prophète Mohammed directement, comme il est possible qu'il les ait entendus de quelques moines ascètes qui vivaient en son temps en Arabie. 

 

 

D'ailleurs, il existe toute une tradition qui s'appelle la "Philocalie", qui est pour moi la meilleure traduction du terme arabe "al-ihsan" : la recherche de la beauté intérieure, ou la recherche du secret de la prière intérieure. Plusieurs beaux livres de ce titre recueillent les paroles des maîtres chrétiens. Parmi eux, est cité le maître Basira/Bahira, que le Prophète Mohammed a rencontré. Et lorsqu'on lit ces paroles de sagesse, et qu'on les compare aux œuvres soufies, cela nous laisse l'impression de lire une seule et même chose. Cela ne veut pas dire que les textes soufis ont été copiés sur la philocalie, mais plutôt qu'il s'agit du même esprit, qui donne forcément naissance à la même réalisation.

 

 

  • Simplement être et être simple

Et quelle réalisation ? Qu’est-ce qui ressort, finalement, des enseignements de Jésus ? Si on prend le tout début de sa vie terrestre, on constate qu'il a dit, et ce dès le berceau : “je suis le serviteur de Dieu !” (Qor’an 19:30). Jésus ici, se définit, utilise le verbe être. Comme s’il disait : “Je sais qui je suis : je suis celui qui appartient à Son Seigneur Bien-aimé, et je suis tout simplement”. Il n'avait pas de question sur son identité, il savait déjà qui il était.  Nul besoin de cheminer vers l’être, il était déjà le Verbe de Dieu, et a proclamé son être haut et fort. 

Nous lisons aussi dans le Qor’an que Dieu a fait référence aux Apôtres de Jésus. Dans le chapitre 61 que l'on appelle aussi chapitre de la victoire, Dieu s’est adressé aux compagnons du Prophète Mohammed et leur a dit : 

 

“Ô, vous qui voulez cheminer et développer votre perméabilité à la foi, ô, vous qui avez déclaré vouloir embrasser cette foi (al-ladhina amanu), vivez la réalité de la foi en étant des Instruments du Seigneur (ansar), comme lorsque Jésus a dit à ses Apôtres : “Qui sont les Instruments de Dieu (pour m’assister dans ma mission) ? Les Apôtres ont dit : “nous sommes les instruments de Dieu !” 

 

Là encore, on voit qu’il est question d’être : “nous sommes !”. C’est après l’avoir suivi, après avoir cheminé à ses côtés et fourni des efforts dans la Voie que ses disciples ont pu à leur tour employer le verbe être, savoir qui ils étaient et quelle était leur fonction dans ce monde, celle de devenir les instruments de Sa Paix. 

Voilà la victoire, voilà où mène la Voie de Jésus, et toute voie spirituelle en réalité : tout simplement à être. Simplement être, et être simple. Comme nous le dit Shakespeare : “être ou ne pas être, telle est la question !” Et en réalité, cette phrase célèbre est une grande sagesse. Ce n’est pas pour rien que l’on attribue à Shakespeare le fait d’avoir embrassé la Voie de Dieu. Car seul un Maître peut écrire ce genre de sagesse, si juste et si bien résumée. 

 

 

 

La Voie se résume simplement à chercher à être. Et la méthode (tariqa) pour y arriver est d’être simple, de se débarrasser du superflu, pour aller à l’e-sens-ciel… Il s’agit de cultiver la pauvreté et la simplicité du cœur. Voilà ce à quoi appelle Jésus : Vivez une vie simple, détachez-vous de la matière. Et il n’avait de cesse de répéter : “Venez avec des cœurs pauvres, avec des cœurs simples”. Sois simple, et tu vas être, tout simplement. Toute l'œuvre de la Philocalie ou de la recherche de “al-ihsan”, se résume à être simple. Manger simplement, boire simplement, se vêtir simplement, marcher simplement… Vivre simplement.




Puissions-nous marcher dans les pas du maître spirituel par excellence, notre bien-aimé maître Jésus, dans les pas de l’être humain le plus accompli de tout l’univers, notre bien-aimé Mohammed. Et que Dieu continue de nourrir l'être, l'amour, la paix et la lumière de tous les Prophètes ainsi que notre connexion à eux et à leurs héritiers bénis aux cœurs sanctifiés.  









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