L'amour de notre mère Aïcha pour le Prophète

amour cha'bane marcher dans les pas des maîtres de la conscience prophète mohammed May 11, 2021
Le mois de Cha’bane nous invite à renforcer notre relation avec notre Bien-aimé Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) et à nous intéresser notamment à la relation qu’il entretenait avec son épouse Aïcha (que Dieu nous connecte à elle et à son héritage béni), elle qui a été décrite par ses servantes comme quelqu’un qui avait la tête dans les nuages.
 
 
"Il ne faut pas penser que la jalousie de Aïcha était la même jalousie que celle des épouses de notre époque, que Dieu nous pardonne de la rabaisser de la sorte."
 
 
C’était une femme sincère et authentique (siddiqa). Grande amoureuse du Prophète, elle semblait vivre loin de la terre et du monde matériel. Par exemple, nous l’avons vu, elle pouvait régulièrement commencer à cuisiner et oublier sa préparation qui était au repos. Cela semble anecdotique, mais cela montre en réalité que ce qu’elle vivait était très intense. Ce n’est qu'après le départ du Prophète de ce monde physique qu’elle a repris ce que les soufis appellent ou station de cristallisation, de raffermissement ou d’accomplissement (baqa') : là où le cœur continue à être en fusion comme le magma, comme le noyau de la terre en feu mais la surface, l’apparence semble normale.
 
Mais du temps du Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui), elle était une boule de feu et personne ne pouvait s’approcher d’elle. Il ne faut pas penser que la jalousie de Aïcha était la même jalousie que celle des épouses de notre époque, que Dieu nous pardonne de la rabaisser de la sorte. Il s’agissait de la jalousie de l’amour. Elle était jalouse des femmes comme des hommes, jalouse même de son père, jalouse de tout le monde. Car un amoureux ne supporte pas la distance. Elle l’a même dit : “je cherche ta proximité, Ô Messager de Dieu !” et elle parlait de proximité dans tous les sens du terme.
 
Le Prophète s’est adapté à ce besoin, à cette demande et ce n’est pas, comme on l’entend trop souvent de nos jours, parce qu’elle était plus jeune que les autres qu’il souhaitait passer plus de temps avec elle et qu’il demandait parfois à ses autres épouses de lui céder des nuits. Que Dieu nous pardonne pour ce genre d’interprétations, vraiment ! Mais de quoi et surtout de qui parle-t-on ? Il s’agit du Prophète, de celui qui a été choisi par Dieu, du meilleur être humain de toute l’histoire de l’humanité, de l’homme qui s’est rendu au-delà du septième ciel !
 
Et de son épouse, la mère des croyants, fille de notre maître Abou Bakr dit le sincère, l’authentique ( As-Siddiq, que Dieu nous connecte à lui et à son héritage d’amour), lui-même plus proche compagnon du Prophète. Leur niveau est loin d’être bas comme ce que nous connaissons de nos jours ! Alors, lorsque nous nous les représentons, lorsque nous les évoquons, considérons-les au moins au plus haut du plus haut niveau d’existence que l’on peut imaginer… Au moins !
 
D’ailleurs c’est pour cela que le Prophète (que Dieu nourrisse son être) a épousé Aïcha : parce qu’elle était malade d’amour pour lui, elle portait en elle l’amour de son père, l’amour de l'ami sincère.
 
 
TROIS CHOSES QUE TU AIMES DANS CE MONDE
 
Dans une narration prophétique, notre Bien-aimé (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) demande à ses compagnons de lui décrire les les trois choses qu’ils aiment le plus dans ce bas monde. Il leur parle du monde matériel car il avait vu la fièvre et l’amour qui habitaient ses proches, il voyait qu’ils touchaient déjà le ciel et les invitait à redescendre un peu sur terre.
 
"Ce que j’aime, Ô Messager de Dieu, c’est m'asseoir en ta présence (entre tes mains, vraiment proche de toi), regarder ta face pour contempler ta beauté, et dépenser toute ma fortune pour toi.”
- Abu Bakr as-Siddiq -
 
Il leur a dit que ses trois choses préférées à lui étaient le parfum, le fait de contempler la beauté spirituelle des femmes (il aimait leur sincérité et leur compagnie, et ne s’en cachait pas, parce que Dieu n’a pas créé une chose plus belle qu'une femme dans son mihrab). L'épitomé de la beauté, c’est notre dame Maryam (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à elle) dans son mihrab, et de même que la noble Fatima dans son mihrab durant la dernière heure du vendredi… Il n’y a rien de plus beau qu’une femme qui donne son cœur à Dieu, rien de plus beau que ce dévouement.
 
Puis il a cité en troisième position que la prunelle de ses yeux et la joie de son cœur résidaient dans la prière rituelle, l'exercice de méditation et de développement de connexion avec Dieu (salât). Bien qu’il ait essayé de ramener les choses à un niveau terre à terre, le Prophète reste toujours très élevé dans ses goûts, dans ses choix. Il ne peut pas vraiment être terre à terre car en réalité, il est ciel sur terre. Il ne parle que de ce qui fait penser au Paradis et à la Proximité de Dieu comme choses préférées dans sa vie terrestre.
 
La question a ensuite été posée à notre maître Ali (que Dieu continue de nourrir son être et notre connexion à lui), qui lui a répondu que les trois choses qu’il préférait étaient “jeûner les longues journées d’été, combattre ton ennemi avec mon épée et être généreux avec l’invité”. Même ‘Ali n’est pas parvenu à être vraiment terre à terre. Voilà les trois choses qu’il aime dans ce bas monde : jeûner, lutter dans la Voie, et être au service des autres… Il ne peut pas descendre plus bas que cela, car il est ‘Ali, ce qui signifie littéralement “élevé”…
 
"Il n’y a rien de plus beau qu’une femme qui donne son cœur à Dieu."
 
Puis le tour de notre maître Abou Bakr est venu. La réponse qu’il a donnée est la réponse de l’amoureux par excellence : “ce que j’aime, Ô Messager de Dieu, c’est m'asseoir en ta présence (entre tes mains, vraiment proche de toi), regarder ta face pour contempler ta beauté, et dépenser toute ma fortune pour toi”. Et là aussi, c’est le plus bas niveau auquel peut le conduire l’amour qu’il porte à son Bien-aimé. Voilà l’état de Abou Bakr. Voilà la force de son amour.
 
Si le père était ainsi, comment était la fille ? Toute la maisonnée d’Abou Bakr baignait dans cet amour. Par exemple, lorsque l'hégire (migration de la Mecque vers Médine) approchait, Abou Bakr l’a senti par intuition, par intelligence spirituelle. Il a observé et constaté que le Prophète envoyait de plus en plus de compagnons au loin, et que peut-être, leur tour allait bientôt arriver. Et bien, dans cette situation extrême, sa seule prière consistait à demander à Dieu que le Prophète ne lui demande pas de partir avant lui, qu’il ne lui impose pas de le précéder dans la migration. Car il n’aurait pas pu refuser de se soumettre à un ordre du Prophète, mais il souhaitait tellement être en sa compagnie, que c'était sa seule préoccupation.
 
Sans que le Prophète ne lui demande et sans qu’aucune promesse ne lui soit donnée, il a acheté deux chamelles six mois avant le voyage. Et chaque jour, il attendait et anticipait le fait que ce serait peut-être le jour où le Prophète viendrait lui dire qu’ils devaient se mettre en route. Il était prêt. Chaque jour, tout était prêt pour le voyage : l’eau fraîche, les chamelles, la nourriture, etc. Il a même payé le guide du désert, chaque jour pendant six mois pour être sûr qu'il soit disponible le moment venu. Abou Bakr ne voulait pas prendre le risque que le Prophète vienne alors qu'il n’aurait pas été prêt. Il s’est projeté dans la tâche. Il a anticipé les risques et les dangers, et a mis en place plusieurs stratégies, des plans alternatifs en cas d’embuscade.
 
 
L'INTELLIGENCE VIENT DE L'AMOUR
 
Et tout cela provient de l'amour. Car c’est l’amour qui donne l’intelligence spirituelle. L’être humain est intelligent, on voit bien l’intelligence qu'il sait déployer dans le crime. Alors s'il devient stupide lorsqu'il s’agit de sa relation avec Dieu, c'est tout simplement à cause d’un manque d’amour. Rien d’autre en réalité. Que Dieu nous protège et fasse de nous des amoureux !
 
 
"C’est l’amour qui donne l’intelligence spirituelle."
 
 
Abou Bakr, lui, se projetait dans le futur, dans ce projet de hijra (émigration). Toute sa maisonnée assistait à cela. Ses filles Aïcha et Asma, notamment. L'amour du Prophète régnait sur cette maison et seuls ceux qui ont décidé de rester imperméables et de ne rien prendre de cet amour, en ont été privés. Le jour du départ, il est même dit que les bêtes d’Abou Bakr Siddiq ont marché dans les traces de pas des chamelles afin de les effacer et de protéger le Prophète qui était alors poursuivi… Même les bêtes sont devenues intelligentes, intelligentes par amour.
 
Et l’amour d’Abou Bakr pour le Prophète a trouvé une place de choix dans le cœur de Aïcha, dans le cœur de l’héritière spirituelle du sincère. L’amour de Aïcha était comme l’amour de son père mais conjugué au féminin. Et quand l’amour est conjugué au féminin, là c’est l’amour au carré, si l’on peut dire. L’amour multiplié par l’amour…
 
Et là, on parle d’une jeune femme de 17 à 20 ans, qui est en amour, d’une disciple qui cheminait spirituellement puis qui est devenue jalouse, d’une jalousie spirituelle, la jalousie de l’amoureux. Et pour calmer cette nostalgie, ou plutôt pour nourrir cet amour, parce qu’elle était amoureuse du Prophète de cette façon là, parce qu’elle en avait besoin, il lui donnait plus de temps qu’aux autres.
 
Que Dieu nous donne la juste compréhension des choses et un amour aussi brûlant que celui de notre mère pour son Bien-aimé !
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