Les trois niveaux de l'âme dans le cheminement spirituel

développement spirituel se développer en tant qu'être humain Apr 19, 2021

L’objectif du cheminement spirituel est de mener l’individu vers le développement de son plein potentiel et le bonheur éternel qui réside dans la réalisation de son appartenance à Dieu. Pour y parvenir, le cheminant effectue un travail sur son âme, définie comme le “fond” de l’être humain, comme son identité.


Dieu a insufflé au fond de l’homme l’esprit : une entité pure de nature angélique, qui est en permanence connectée à Son Créateur. Cette entité est voilée, cachée par la présence de mécanismes internes et de pressions externes à l’homme qui œuvrent en vue de le détourner de son épanouissement.


Le cheminement amène l’âme à sortir d’un état immobile négatif où l’âme ne veut rien savoir de l’esprit et ignore complètement sa présence pour traverser un état fluctuant et en mouvement, qui est une ascension saccadée, entrecoupée de descentes et de remontées afin de parvenir, par la grâce de Dieu, à un dernier stade de bonheur et d’accomplissement éternels qui se maintiendra durant toute la vie terrestre de l’individu et au-delà.


L’âme figée 

Avant que ne se produise l’éveil spirituel, l’âme se trouve dans un état que l’on peut qualifier de figé et pollué. Elle laisse l’ego lui voiler la présence de l’esprit en elle.

L’égo est souvent présenté comme étant une entité en nous alors qu'en réalité, il s’agit plutôt d’un mécanisme, d'une illusion dont l’objectif principal est d’empêcher l’âme de réaliser son besoin de développement, de changement. Il la pousse à être obsédée par elle-même, à se croire sans défaut et dans son bon droit en permanence. C’est un faux miroir qui amène la personne à se contenter de son état actuel, à ne surtout pas ressentir le besoin de s’améliorer.


L’ego utilise divers stratagèmes pour arriver à cette fin : persuader l’homme qu’il est déjà le meilleur ou au contraire, le convaincre qu’il n’est bon à rien. Il peut également aller jusqu'à nier notre besoin de Dieu et la nécessité de Lui plaire voire même remettre en question Son existence. L’essentiel pour lui est de maintenir l’âme dans un état brut et primitif, un état d’immaturité où le sujet ne veut pas et n’éprouve pas le besoin de changer. Il pourra alors se vautrer dans des justifications : “je suis comme ça”, ou pire “Dieu m’a créé comme ça” !


L’âme figée est bloquée, égoïste, ne pense qu’à elle. Elle ne rentre en relation avec les autres que pour les consommer, en tirer profit. Incitatrice au mal, elle devient très vulnérable aux suggestions de satan (que Dieu nous préserve de lui).


L’âme responsabilisante

Suite à un réveil spirituel, une prise de conscience, l’âme se remet en question et commence à cheminer. Elle devient alors ce que l’on appelle l’âme responsabilisante ou “Qalb” en arabe.


“Qalb” est souvent traduit par “cœur”, ce qui n’est pas tout à fait correct. Le cœur est en réalité le centre, l’intérieur de l’être humain, auquel cas on peut le traduire par “baatin”.


Le mot Qalb en arabe implique la notion de changement et de fluctuations. Ainsi, l’âme cheminante entame un voyage qui n’est pas une ascension constante, mais plutôt une alternance de montagnes et de vallées, de hauts et de bas. Elle oscille entre le haut et le bas, entre aspiration et descente : elle peut se sentir apaisée un jour, pensant même être parvenue à la stabilité, puis basse le lendemain.

Certaines âmes connaissent des fluctuations minimes avec peu d’écarts entre leurs hauts et leurs bas. Plus elles s’approchent de l’état d’âme apaisée, plus leur niveau bas est en réalité déjà élevé et proche du niveau optimum de leur capacité. Jusqu’au jour où elles montent si haut qu’elle ne subissent jamais plus de descente.

D’autres semblent bipolaires (pas psychologiquement mais spirituellement) : elles subissent des écarts énormes, diamétralement opposés entre hauts et bas. Elles semblent être figées par moment, puis être déjà parvenues au stade d’apaisement à d’autres. La personne qui est concernée par ces états doit absolument se montrer vigilante à se relever directement après une chute si elle souhaite demeurer sur la voie du cheminement. Le fait de chercher des excuses et justifications à ses écarts la fait descendre toujours plus bas, au risque de retourner à l’état d’âme figée.

 

L’âme apaisée 

Si le cheminant se maintient sur le chemin fluctuant et contrasté de l’âme responsabilisante, il pourra parvenir, par la grâce de Son Seigneur, à l’étape ultime de l’âme apaisée. Il s’agit une libération pour l’éternité, il n’y a pas de retour en arrière. L’ascension continue alors tout au long de la vie terrestre et au-delà.

La personne devient “chahid”, témoin de la Présence Divine. Son apaisement vient du fait qu’elle s’est sacrifiée : elle n’est plus au monde en tant qu’elle-même, ne cherche plus une identité propre. L’illusion a totalement disparu, elle devient alors un miroir clair et translucide qui reflète complètement la lumière divine. L’esprit en elle occupe toute la place.

C’est la réalité que les maîtres soufis évoquent dans leur poésie lorsqu’ils clament : « je suis Toi, Tu es moi… ». Une réalité impossible à percevoir pour des âmes figées.

L’âme apaisée est la vraie identité de l’être humain, celle de “adbullah” comme notre maître Jésus (que Dieu continue de nourrir son être et notre connexion à lui) se définit lui-même dans le Coran : celui qui appartient à Dieu, qui célèbre et ne se reconnaît que dans cette appartenance, celle pour laquelle Dieu a créé l’être humain en réalité. C’est l’accomplissement le plus abouti et le plus réussi auquel le genre humain peut prétendre, un état de bonheur et de plénitude absolu que rien ne peut plus perturber. Voilà le potentiel que Dieu, dans Son immense Générosité, a placé au fond de chacun d’entre nous.

Que Dieu nous permette  !

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