Loin des yeux, près du cœur

amour développement spirituel pèlerinage/hajj vivre en harmonie avec le divin émotionnel/coeur Jul 06, 2021
Sans que l’on puisse l’expliquer de façon rationnelle, les âmes intelligentes, celles qui ont les cœurs sensibles au sacré et à l’Amour de Dieu, tombent amoureuses et s’élèvent en amour pour la Maison sacrée de Dieu et pour le Pèlerinage. Les intellects sensibles aux opportunités que Dieu leur présente afin de leur permettre d'avoir accès à la vraie Vie et au vrai monde des vivants cherchent ce voyage et y aspirent de tout leur être.
 
Même le commun des musulmans sent quelque chose bouger dans son cœur lorsqu’on évoque le Pèlerinage. Et ce n’est pas juste pour voyager par curiosité, ou pour accomplir un projet personnel. Oui, il peut arriver que ce soit confus au niveau des intentions, mais il y a malgré tout toujours cette graine qu’on n’arrive pas à expliquer. Cette graine de vérité, cette graine de sincérité, cette graine d'amour sincère et de nostalgie, une vraie nostalgie pour un endroit dans lequel il n’est pas né et qu’il n’a jamais visité, un endroit où il n’a ni proche ni ami.
 
Sur un plan strictement rationnel, on ne peut pas comprendre ni expliquer cette nostalgie pour les lieux sacrés, que ce soit pour la Ka’ba, ou même pour Médine. Surtout pour celui qui ne s’y est encore jamais rendu. Celui qui y est allé une fois, il a au moins des souvenirs, il y a vécu une bonne expérience… Mais la majorité des croyants n’y ont jamais mis les pieds.
 
Et même avant que nous ayions accès à toutes ces images disponibles aujourd’hui, avant les vidéos, les photos, avant même l'avènement d’internet, les gens avaient cette nostalgie pour une terre qu’ils n’avaient jamais vue, pour un sol qu'ils n'avaient jamais foulé. Il s’agit là d’une intelligence, d’une sensibilité spirituelle que Dieu met dans les cœurs des croyants, dans les âmes qui ont commencé à développer leur confiance en Dieu, les âmes qui ont commencé à vouloir cheminer vers Dieu et qui ont cet attachement à Dieu et Son Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui).
 
Notre contexte actuel a empêché beaucoup de s’y rendre. Et pourtant, ce contexte, si on le vit vraiment et si on l’investit comme il faut, ne peut que faire augmenter cet amour et cette nostalgie, cette peine de l’amoureux qui vit la séparation, l’amoureux qui est séparé de ses bien-aimés et des lieux qui lui sont chers.
 
Il existe un poème écrit par un homme saint qui serait originaire du Soudan ou du Yémen selon les récits. Certains affirment qu’il s’agit de Sidi Abderrahim al-Boura’i, mais peut-être serait-ce un autre homme de Dieu (que Dieu nous connecte à tous les êtres conscients).
 
C'est un poème que cet homme a rédigé alors qu’il lui était interdit de se rendre au Pèlerinage, et là encore les raisons de ces interdictions sont multiples selon les historiens. Quoi qu’il en soit, il a composé ce poème devenu très célèbre que les gens chantent encore aujourd'hui et qui commence ainsi : “Ô vous qui voyagez jusqu’à la terre de Mina”.
 
Mina est le nom de l’endroit où sont installées les tentes des pèlerins, là où les jours de Pèlerinage se déroulent principalement. Et Mina signifie l’espoir, le bon souhait. On peut donc traduire ce vers de cette façon :
 
“Ô vous qui voyagez dans la direction de la terre du bon souhait et du bel espoir,
Le jour de votre départ,
Mon âme et mon cœur s’en sont trouvés bouleversés
Vous êtes partis, votre guide vous précédait.
Comme je me sens seul, et derrière vous, délaissé
La nostalgie et la voix de votre guide qui vous aide à avancer
Sont venues me perturber et m’ont laissé peiné...
Vous êtes partis, et avec vous, mon sommeil m’a quitté.
Ô vous qui allez déposer votre tente dans la Vallée Sacrée !”
 
Il continue et conclut son poème de cette façon :
 
“Lorsque vous arriverez sains et saufs, en sécurité,
Passez mon salam à tous ceux qui sont dans cette vallée”...
 
Voilà comment s’exprime la nostalgie de l’amoureux, la peine de celui qui aspire à vivre ce périple vers la Maison de Dieu et qui investit son contexte de privation pour développer son attachement émotionnel, composante essentielle de l’intelligence spirituelle. On voit bien que la séparation physique n'a pas empêché l'expérience spirituelle, bien au contraire. La nostalgie et la séparation, s'ils sont bien investis, ne sont que des moteurs pour développer plus d'Amour, de connexion et de proximité.
 
C’est exactement ce à quoi nous vous invitons à travers le programme “Vivre le grand pèlerinage de chez soi” : à investir cette nostalgie et cette séparation pour nourrir votre amour et votre attachement aux lieux saints et aux symboles de Dieu.
Vous aussi, devenez un acteur de cette réconciliation intégrale et un investisseur de ce projet par vos prières et vos dons à l'Institut Ha-Mim.
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