Cherche le Dieu Vivant et Réel

connaître dieu pour mieux l'aimer développement de conscience esprit prophète mohammed se développer en tant qu'être humain vivre en harmonie avec le divin Jan 07, 2022

 

Que ce soit les moments de rassemblements, les actes qui viennent nous nourrir et nous renforcer dans notre cheminement ou même la culture saine que l’on s’emploie à bâtir, tout ce que nous entreprenons dans la Voie n’a en réalité qu’un seul but : nous permettre de trouver le Dieu Vivant (Hayy), Vibrant et Réel (Haqq) qui ne mourra jamais, le Dieu Éternel, Source de Vie, Celui qui vit et qui donne vie. 

Mais qu’est-ce que cela signifie de manière concrète ? 

QUELLE DIFFÉRENCE ?

Nous savons tous que le Vivant (al-Hayy) et le Vrai ou Réel (al-Haqq) sont des Noms de Dieu. Et pourtant, ce savoir, s'il reste au seul plan rationnel, ne nous permettra pas de vivre et de goûter pleinement la connaissance que ces Noms si Merveilleux et Transformateurs permettent pourtant. Car nous devons comprendre que les Noms de Dieu ne sont pas que des mots : ils sont des Réalités Vraies, Vivantes, censées avoir un profond effet sur nous.  

Chacun peut ainsi se poser la question : est-ce que je considère Dieu comme Le Dieu Réel et Vivant qui pourra me donner une Vraie Vie ? Ou n’est-Il à mes yeux qu'une abstraction inerte, une simple idéologie ou un concept ?

 

Point D'Interrogation, Question, Symbole, Personnage

 

Les idées et concepts relèvent des dimensions mentales et rationnelles de notre être, et si nous nous contentons d’approcher la religion à travers le prisme de notre cerveau, alors nous faisons fausse route. Car la Réalité des choses ne peut prendre vie dans les limites de nos constructions mentales ou de nos analyses rationnelles. 

Choisir ces limitations en réduisant Dieu à une construction mentale ou une idéologie revient à adorer un autre dieu, un faux dieu qui, serait, lui, mort, figé, limité. Or, qu'est-ce qu’un “dieu mort” en réalité ? Il s’agit ni plus ni moins d’une idole. Voilà ce que nous sommes en train de faire en ne cherchant pas Le Dieu Vivant (al-Hayy) et Réel (al-Haqq) qui nous a créés : nous ne sommes pas en train d’adorer le Dieu Unique, mais d’adorer une idole... Et que Dieu nous protège de nous-mêmes… Car un dieu mort est utile aux gens morts, qui acceptent de s’identifier au poids de l'inconscience les tirant vers la mort. Alors que le Dieu Vivant et Réel, le Vrai Dieu (Hay, Haqq), est pour les gens vivants qui souhaitent prendre vie. 



FORCE DE LA VIE VS POIDS DE LA MORT

Comme nous l’avons abordé dans cet article, en tant qu’êtres humains, nous sommes tous porteurs de deux choses : d’une force de vie qui ne demande qu’à germer et pousser dans la lumière, mais également d’une attraction vers la mort, un poids qui nous alourdit et nous tire, nous aspire vers le bas. Et c’est ce poids mort en nous qui génère cette tendance humaine à vouloir échapper à la conscience et à vouloir tomber dans l’inconscience. 

Souvent, on peut avoir l’impression que l’âme humaine trouve une certaine « force » et une fluidité dans le mal alors qu’elle se retrouve paresseuse et résistante lorsqu’on la dirige vers le bien. Pourtant, ce n’est pas avec sa force que l’âme s’investit dans le mal. La force intérieure de l’âme est un Secret de Dieu, c’est le Secret de l’être humain, et elle ne peut être investie que dans le bien. 

La force de l’âme est telle un trésor. C’est un coffre rempli de richesses et de beauté qui a un certain poids. Le mal n’utilise pas les richesses du trésor, il utilise juste le poids de cette boite. Avec cette masse, il peut assommer quelqu’un, voire lui briser le crâne, mais il n’a pas accès à ce qui est à l’intérieur, à la force, au potentiel et aux richesses de l’âme. Car il n’y a que le bien qui puisse rentrer à l’intérieur de nos âmes et investir les richesses dont elles regorgent. Ce n’est que dans le Chemin de Dieu que la force de l’âme peut être trouvée, investie et reconnue. 

 

Poitrine, Coffre Au Trésor, Boîte

 

Ainsi, nous pouvons dépenser notre énergie dans le mal, mais pas la force de l’âme, cette force à laquelle on aspire et que l'on peut trouver si l’on s’investit dans le Chemin de Dieu. Il s’agit d’une force à laquelle on ne peut pas goûter dans d’autres aspects de votre vie. L'énergie, la facilité et l’élan que l’on trouve dans le mal ne relèvent pas de la force intérieure, mais plutôt d’une force extérieure, d’une masse qui se laisse souvent contrôler et diriger par satan (que Dieu nous protège et vous protège). Ce n’est pas systématique, mais cette masse est par défaut très vulnérable, fragile, et donc facilement instrumentalisée par les agents  du mal. 

 

 

UNE GRÂCE

Le fait que la force intérieure soit un secret de Dieu bien gardé d’être exploité dans le mal est une très bonne nouvelle. Car imaginez la vie et la beauté que l’être humain peut développer, la force intérieure que l’on peut retrouver chez un Homme de Dieu, un Prophète, ou un saint accompli… Quelle bonne nouvelle que de savoir ce secret préservé de tout mal ! 

Il s’agit d’une Grâce venant de Dieu qui vient du fait que Dieu n’a pas de haine. La force vient de Dieu uniquement, ainsi, la Beauté comme l’Amour ont de la force, parce que ce sont des réalités connectées à Lui. Mais la haine comme le mal en sont dépourvus. On comprend pourquoi les philosophes ont insisté sur l’idée que Dieu ne peut pas créer le mal, même si en réalité, c’est plutôt que le mal n’a rien de Divin. Il s’agit d’un poids, d’un contexte auquel il faut échapper, au-dessous duquel il ne faut pas rester pour éviter de finir écrasé par son poids. 

 

Signe D'Éboulement

 

 

On parle dans le langage courant des “forces du mal”, et notamment de la figure de l’Antéchrist, mais il faut comprendre que celui-ci n’aura aucune force intérieure (que Dieu nous protège). Tout ce qu’il fera ne sera qu’illusion. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il est dit qu'il va s'effondrer une fois qu’il sera devant notre maître Jésus (que Dieu nous connecte à lui) : parce qu’en tant que masse inconsciente dépourvu de force intérieure, il ne pourra faire face à la force intérieure de l’âme du Prophète de la fin des temps.

La force ne peut se trouver que dans le Bien, que dans l’Amour.. C’est lorsque l’on aime pour de vrai que l’on retrouve sa propre âme et le potentiel de force et de vie du cœur. C’est là que l’on comprend pourquoi Dieu nous a donné un cœur… Voilà pourquoi une personne qui aime vraiment peut combattre toute une armée de haine avec sa force de l’Amour. 

Le meilleur exemple de la force de l’amour, de la force de la vie et de l’âme, c’est le Prophète Mohammed. Dans le Qor'an, Dieu lui dit que cent se ses hommes seraient suffisants pour en combattre et vaincre mille de l’autre côté… N’est-ce pas vertigineux ? Cent personnes qui ont la force intérieure suffisante pour en vaincre mille animées d’une simple masse inconsciente, et ce même s’ils ont un poids énorme. 

Ainsi, nous n’avons qu’à cultiver notre force intérieure, cette force qui s’appelle l’Amour. Que Dieu nous permette de retrouver cette force de l’âme en nous, de la cultiver, de la développer. Que Dieu nous donne des cœurs qui aiment et des âmes qui sont aimées par Lui et qui s’aiment en Lui. 

 


LA MASSE INCONSCIENTE COLLECTIVE

Sur un plan collectif, si la masse inconsciente d’une âme se laisse prendre dans ce courant, elle va être dirigée et additionnée aux autres masses inconscientes de ceux qui l'entourent, ce qui va créer une masse inconsciente collective. L’aspiration de toujours plus de masse n’a de cesse d’augmenter l'énergie de ce courant, et c’est ainsi que cette masse inconsciente gagne en poids, par un phénomène d’aspiration, de tourbillon de l’inconscience. On pourrait dire qu’elle “gagne en force”, mais ce n’est jamais une force intérieure dont il s'agit, mais toujours d'un poids extérieur.

Cette masse va être très sensible à ce que j’appelle ne “nassnass” (le "qu’en dira-t-on", l’opinion et le discours des “autres”) et le “waswas” (les suggestions sataniques). Que Dieu vous protège et nous protège du poids de la masse inconsciente de nos âmes et des âmes autour de nous. Amine.




 


Charge, Lourd, Homme, Surmené, Gens

 

UNE DÉMARCHE CONSCIENTE

Comment s'y prendre pour chercher le Dieu Vivant et Réel ? Et où peut-on Le trouver ? 

La réponse est simple : dans notre cœur. Dans ce lieu intérieur où nous pouvons prendre vie, cette conscience profonde et universelle au plus profond de notre âme. 

Car au fond de chaque être humain se trouve cette connaissance universelle de Qui est Dieu, de comment Il agit et se manifeste à nous. Nous avons tous au fond de nous cette co-naissance, qui a précédé notre naissance, à laquelle il nous faut nous reconnecter, le souvenir de cette Rencontre avec notre Source Originelle qui a précédé notre création matérielle.

 

Amour, Romance, Cœur, Romantique, Affection, Symbole

 

 

Le Dieu Vivant et Réel, Celui qui seul peut te donner vie et bonheur, c’est Allah, littéralement “Le Dieu”. Tu Le connais déjà. Il n’y en a qu’Un Seul, et Il est Unique, Indivisible, Entier (Ahad). Tu pourras Le trouver dans ton cœur dans ces moments de connexion, lorsque tu vibres avec la Vérité, lorsqu'Il se rend Manifeste et Évident. Lorsque quelque chose de très profond en toi se réveille et te fait sentir que tu vis un moment Réel, Vrai, Vibrant et Vivant. 

Et là, nul besoin que quiconque t’amène une preuve pour te décrire tel ou tel de Ses Attributs. Une fois que tu Le trouves, tu sais, tu Le reconnais. Car tu connais cette réalité, et c’est ton cœur qui pourra alors s’exprimer : “c’est Lui, Dieu !” (huwa Allah !)... En d’autres termes : c’est Lui que je cherchais, c’est Lui que je connais, c’est Lui que je retrouve enfin !

Ainsi, Dieu nous a invités à célébrer des exercices de développement de conscience afin de faire vibrer nos cœurs avec cette Vérité, dans ces moments où Il se rend encore plus Accessible, Évident, et Manifeste, afin que nos cœurs puissent être réveillés à cette connaissance enfouie, travaillés et entretenus. Car si Dieu est toujours Présent et Source de Vie, l’être humain a cette tendance naturelle à basculer dans l’inconscience et dans l’oubli, à choisir le poids et le fardeau de la mort plutôt que la force de la vie. 

Dieu nous dit aux versets 1 et 2 du chapitre 67 de Sa Sainte Parole : 

 

“Toutes les bénédictions reviennent de droit à Celui qui détient toute l’existence du monde créé entre Ses Mains, sous Son Contrôle, Lui qui est Capable de toute chose,

Celui qui a créé la vie et la mort pour vous mettre à l’épreuve et vous tester afin de voir qui va agir de la meilleure des façons (...)”. 

 

Nous pouvons trouver plusieurs niveaux de compréhension de ce deuxième verset. Tout d’abord, nous pouvons comprendre que Dieu a créé la vie que l’on connaît avant de mourir : un laps de temps déterminé qui passe et ne revient plus après cela, et que c’est dans ce laps de temps que le test a lieu et que l’être humain doit faire de son mieux. 

Un autre niveau de lecture serait de dire que Dieu est Celui qui a créé la vie et la mort en chacun de nous-même, dans chaque cœur. Il a fait que toutes les âmes soient constituées de cette façon, et leur a donné en elles-mêmes à la fois la force de la vie et le poids de la mort. Et que c’est dans ce choix interne que réside notre test, dans cette lutte permanente entre la vie et la mort, afin de savoir qui va garder sa relation avec Lui vivante (et c’est cela “ahsanu ‘amala”, agir de la plus belle des façons), qui va chercher à étouffer la mort en lui, qui va voir sa vie s’élever au-dessus de la mort. 



UN TRAVAIL DU COEUR

Trouver le Dieu Vivant et entrer en relation avec Lui nécessite de prendre vie nous-mêmes, car, par définition, le Vivant ne peut communiquer et nourrir que celui qui accepte de prendre vie. Et quelles sont les qualités d’un cœur vivant ? 

Un cœur distrait, arrogant, auto-absorbé ne pourra jamais accueillir l’Eau de la Vie, cette Pluie qui descend et nous parvient depuis Son Nuage de Grâce pour arroser la terre de nos cœurs afin de les rendre toujours plus fertiles. Le cœur doit d'abord devenir réceptif et perméable à cette Pluie pour pouvoir en bénéficier. 

Car cette Eau aura beau venir avec force, si la terre est desséchée voire même devenue aride elle sera dans l'impossibilité de l’absorber et d’en profiter de par son imperméabilité et sa  résistance. Au contraire même, plus la force de Vie se manifestera avec puissance, plus elle y fera des dégâts... 

 

Désert, La Sécheresse, Déshydraté, Aride

 

Seul un cœur humble, pur, simple, honnête et vivant pourra recevoir et absorber cette Eau de Vie, l’accepter pour ce qu’elle est et en tirer des bienfaits. Seul un vrai cœur vivant et vibrant (hayy, haqq) pourra se connecter au Seul Vrai Dieu Vivant et Vibrant (Hayy, Haqq). 

Notre mission est donc de travailler sur nos cœurs en vue de les rendre plus perméables, plus doux, plus humbles à travers notamment les exercices d'expression et de développement de Réalités intérieures qui viennent rythmer notre cheminement (ibada) faits en conscience. Rendre nos cœurs plus simples et accueillants permettra de retrouver en nous cette connaissance humaine, cette corde relationnelle qui nous lie à Dieu et d’accueillir Sa Grâce et  Sa Vie. Et c’est en ayant conscience de cet objectif dans l’approche de nos actes de religiosité que notre relation avec le Dieu Réel, Vivant, Vibrant, Aimant, Présent et Manifeste pourra être toujours reconnue, renforcée, nourrie et protégée.

 


Seljalandsfoss, Cascades, Islande

 

 

UNE QUESTION DE POSITIONNEMENT

Il nous faut donc régulièrement questionner nos intentions, notre posture intérieure ainsi que la nature de notre quête. Car si nous ne cherchons pas à nous connecter à cette Vie venant de Dieu, si nous ne trouvons pas Sa Vie dans nos cœurs en les rendant vivants, alors nous passerons à côté de Dieu. Tout simplement. Et ce même si nous passons nos journées et nos nuits à “faire” des “actes d’adoration”...

Il est si facile de basculer vers le poids de la mort en réalité… Chose que l’on fait lorsqu’on choisit de “pratiquer” ou de “faire” des “actes d’adoration” sans conscience par exemple. Nous l’avons vu, le simple fait d’être dans une pratique dénuée de recherche de connexion à la Vie revient à adorer une idole, un faux dieu qui ne sera jamais le Dieu plein de Vie qui nous invite à prendre vie. Et ce, quel que soit le nom qu’on lui donne… On a beau dire que l’on adore Allah (littéralement LE Dieu), on a beau se revendiquer de l’islam, si on ne fait pas ce travail de préparation du cœur, alors on est en réalité en train de réduire Dieu et toute la religion à un simple concept abstrait, à une idéologie. A une chose morte. A une idole.

 

 

Des Portes, Choix, Choisir, Ouvert

 

 

Ainsi, on voit bien que tout est une question d’approche et de positionnement intérieur. Car Dieu a beau être toujours le même Dieu Réel, Unique, Indivisible et Vivant, nous pouvons nous priver nous-mêmes et nous empêcher d’avoir accès à Sa Vie si on ne Le cherche pas avec cette conscience-là et dans cette démarche de vouloir prendre Vie. 

Et malheureusement, beaucoup aujourd'hui ne connaissent pas le Dieu Réel et Vivant. Beaucoup sont en train d’adorer une idole qu’ils appellent Dieu. Mais ce n’est pas Dieu, en réalité. C’est autre chose. C’est une idée, un concept et donc, par définition, ce n’est pas Lui.



UN NOM POUR DEUX RÉALITÉS OPPOSÉES

Il est intéressant de constater combien les choses ne sont pas aussi simples que ce à quoi on a tendance à les résumer. Les choses ne sont pas binaires, et ce ne sont pas les étiquettes et les noms propres qui sont déterminants

Nous voyons bien que d’un côté, la Voie de Dieu, le Dieu Vivant et Réel est une voie de conscience reconnue par et pour le cœur… Elle donne naissance à une religiosité vivante, un authentique chemin de développement de conscience, de vertus et d’humilité. Le cœur la reconnaît et l'embrasse sans aucun doute, sans qu'on ait besoin de lui expliquer quoi que ce soit. 

D’un autre côté, force est de constater que l’idéologie sectaire est une prison qui étouffe l’esprit, refroidit le cœur, étourdit la tête et coupe le processus d’évolution et d’élévation de l’âme. Elle donne à la religiosité une forme immobilisée, figée, dégénérée, stagnante, morbide, lugubre, sinistre et répugnante. Une religiosité morte, qui est plus un fardeau qu’autre chose.

Et pourtant, les deux peuvent être nommées "islam"...

Ainsi, contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre, il ne suffit pas de “se convertir” ou de “rentrer en islam” comme on rentrerait dans un club privé et sélect pour se penser sur la bonne Voie, voire pour, pire, se croire sauvé et se permettre en plus de condamner tous les autres : tous ceux qui n’ont pas officiellement la carte du club ! 

 

Chemin, Pieds, Des Chaussures

 

 

Au contraire, embrasser le chemin qui mène à Dieu devrait signifier embrasser un chemin d’humilité et de reconnaissance, un chemin vivant libérateur et réconciliateur, un processus, une démarche de développement et de transformation. Le terme arabe “muslim” (d’où est tiré le malencontreux mot français “musulman” qui s'approche plus du terme inverse "mouthlimoune" en arabe, qui signifie "ceux qui décident de rester dans les ténèbres") désigne la personne qui vit en toute soumission avec son Seigneur, dans une ouverture et une harmonie parfaite avec la Lumière Divine, qui se laisse façonner par Dieu et qui arrive ainsi à se libérer de tous ses carcans.

Il faut donc comprendre que le mot “muslim” n’est pas un titre de noblesse, ni une carte de membre d’un club réservé à une certaine identité politique, ni un gage de bonne réussite. Et c’est avec tristesse que nous le voyons souvent être devenu ce que j’appelle un “nom propre” : une appellation qui vient figer une identité et non décrire une réalité, un statut qui vient fabriquer des statues et des images, plutôt que des êtres vivants en cheminement. 

 

 

REFUSER LE POIDS MORT

Aussi, nous ne devrions pas blâmer ceux qui décident de se défaire de ce poids mort. En effet, qui voudrait porter un poids mort toute sa vie ? Si nous avons fait de notre religiosité un poids mort, une construction mentale et sociétale, alors il est plus intelligent de s’en débarrasser pour repartir à zéro. 

C’est pourquoi délaisser une structure vide, morbide, arrogante, et désolante, que les gens veulent appeler « islam » ne revient pas forcément à "apostasier", tout comme le fait de ne pas vouloir intégrer une secte globale, prétendant à l’exclusivité du salut comme n’importe quelle autre secte idéologique qui se repose sur l’acceptation d’un dogme et non le développement de la conscience des âmes et la reconnaissance des cœurs, n’est pas forcément un refus de la Voie de l’Un et Unique, le Vivant et Réel…

 

Arrêter, Panneau De Signalisation

 

L’apostasie désignait d’abord et avant toute chose une réalité historique, dans le paradigme islamique, quelque chose de contextuel, à savoir la personne qui, non seulement se détournait de l’Islam en tant que voie de cheminement spirituel, mais devenait dans le même temps un guerrier engagé dans une entreprise de destruction de la communauté des croyants.  

Peut-on considérer que la situation actuelle est comparable à celle-ci ? Ceux qui “rejettent” l’Islam de nos jours, le font-ils par lâcheté, pour devenir les adversaires du Bien clairement identifié comme tel, pour devenir des combattants au service de la noirceur et du vice ? Ou le font-ils plutôt car ils n’ont pu avoir accès qu’à une forme réductrice de l’Islam, qu’à une version limitée et limitante, réduite à une identité politique bien déterminée, qu’il faut défendre contre d’autres identités politiques ? 

Si c'est de cela dont il s'agit (car chaque cas est unique) quelle serait la réaction la plus sage et la plus responsable de notre part ? Est-ce de se contenter, encore une fois, de blâmer celles et ceux qui auraient pris cette décision?

Ou est-ce plutôt de comprendre et d'assumer notre part de responsabilité dans cette situation, et d'œuvrer pour renforcer et renouveler cette force de vie au sein de notre religion ? Afin que celles et ceux qui cherchent une réelle connexion avec le Dieu Unique, Vivant et Réel, puisse Le trouver de la plus belle des manières...

 

A LA RECHERCHE D’UN TERRAIN

A l'échelle de l'être humain, la lutte entre la force de la vie et le poids de la mort se concrétise entre cette lutte entre l'ego et l'esprit en son for intérieur. Car l'esprit est la graine de foi cultivable et développable, ce que l'on peut appeler le vivant en nous, alors l'ego est le mort le figé, le résistant à la lumière, le néant en nous. Il s'agit de cette illusion qui veut occuper tout l'espace alors qu'elle est complètement stérile, impossible à cultiver. 

Or, celui qui cherche à vivre par son esprit et donc à développer son potentiel de vie sera uniquement préoccupé par la recherche d’un terrain fertile qui saura accueillir sa graine de foi, afin qu’elle puisse croître, pousser, et finir par devenir un arbre vivant, prêt à donner fruits, sans se préoccuper du “nom propre” que certains voudront donner à ce terrain.

Il portera plutôt une grande attention à la qualité réelle de sa terre : est-elle fertile ? Renferme-t-elle tout ce dont j'ai besoin pour pouvoir m’enraciner profondément et concrétiser ce potentiel de Vie en moi ? Et une telle terre fertile, qui sait redonner vie, ne peut qu’appartenir à l’Unique Dieu Vivant, Source de toute vie. Réciproquement, si un terrain paraît mort et stérile, ce même homme le rejettera sans se préoccuper du “nom propre” que des hommes lui auraient donnés, préoccupés qu’ils étaient à se distinguer d’abord des autres plutôt que de s’assurer de la qualité de leur terre.

Alors que celui qui choisit le mort en lui, qui n'est autre que l'ego, ne cherche pas une terre, mais plutôt une plateforme pour y faire ses performances, quelles qu'elles soient. A l'image d'une statue qui a besoin d'un pied d'estale ou d'un socle pour pouvoir se poser dessus, immobile, dans l'attente qu'on vienne l'admirer... 

 

Statue, Headless, Old, Weathered

 

Le terme même de “muslim” est utilisé par notre Seigneur dans Sa Sainte Parole d’une manière qui nous invite à comprendre qu’il s’agit d’abord d’une réalité qui dépasse le monde des formes et des identités extérieures. Nos Maîtres et Prophètes Abraham ou Jésus (que Dieu continue de nourrir leur être, leur lumière ainsi que notre connexion à eux) ne sont-ils pas ainsi “muslims” ? Pourtant, c’est bien avec l’apparition de notre Prophète Mohammed que le terme de “muslim” se formalise.

Que comprendre alors ? Tout simplement que le muslim est celui qui suit l’héritage prophétique universel et que celui-ci, par définition, transcende les formes. Certes, sa dernière manifestation est celle que notre Prophète Mohammed nous a transmise, et qui est offerte à l’humanité jusqu’à la Fin des Temps. C’est la plus belle des formes et la plus parfaite de celles qui nous sont accessibles. Mais comme toutes les formes, l’être humain a la capacité de la trahir, de la travestir, de la détourner pour lui préférer le poids de la mort. 

Et en effet, le détournement de la Voie de la Vérité après l’avoir reconnue tout comme la résistance par choix à cette Vérité restent des réalités connues qui se reproduisent sous différentes formes, mais toujours avec les mêmes symptômes que nous retrouvons très bien décrits dans la Parole de Dieu. 



DEPUIS LES PREMIERS TEMPS

Voilà le dilemme dans lequel nous sommes, et un dilemme qui existe depuis les premiers temps en réalité. Il suffit de lire la Parole de Dieu pour constater qu’Il n’a de cesse de s’adresser à ceux qui ont accepté de s'ouvrir à Sa Présence, au moins de manière extérieure et historique (al-ladhina amanu), en les rappelant à l’ordre, en les mettant en garde, en les invitant à prendre vie. Voici un exemple :

 

يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوا۟ ٱسْتَجِيبُوا۟ لِلَّهِ وَلِلرَّسُولِ إِذَا دَعَاكُمْ لِمَا يُحْيِيكُمْ ۖ وَٱعْلَمُوٓا۟ أَنَّ ٱللَّهَ يَحُولُ بَيْنَ ٱلْمَرْءِ قَلْبِهِۦوَٱعْلَمُوٓا۟ وَأَنَّهُۥٓ إِلَيْهِ تُحْشَرُونَ۞ وَٱتَّقُوا۟ فِتْنَةًۭ لَّا تُصِيبَنَّ ٱلَّذِينَ ظَلَمُوا۟ مِنكُمْ خَآصَّةًۭ ۖ وَٱعْلَمُوٓا۟ أَنَّ ٱللَّهَ شَدِيدُ ٱلْعِقَابِ ۞ 

 

“Ô vous qui vous êtes officiellement engagés à travailler votre perméabilité aux Enseignements Divins ! Permettez-vous de répondre à Dieu et au Messager lorsqu'Il vous appelle, répondez à l’Appel, laissez-vous vous engager dans cette attitude, dans cet état d’âme, dans cette réalité, cette dynamique, cet art de vivre spirituel, cette chose qui vous donnera vie et vous maintiendra en vie. Et sachez que Dieu s'interpose entre l'homme et son cœur, (sachez qu’Il peut choisir de mettre un voile entre vous et votre propre cœur, que la guidance est donc Pure grâce venant de Lui, et non quelque chose que vous mériteriez) et que c'est vers Lui que vous serez rassemblés.

Soyez conscients et vigilants, cherchez refuge auprès de Dieu contre une épreuve qui n'affligera pas seulement ceux qui parmi vous décident de couvrir leur âme des ténèbres de l'injustice (...)” 

(dans S.8 - V.24 et 25 - traduction méditative)

 

Ici, on voit bien que les choses n’étaient pas romantiques, édulcorées et faciles comme on voudrait le concevoir aujourd'hui. Les choses n’étaient ni binaires, ni simplistes. Il ne suffisait pas de rentrer dans le “camp” ou le “club” des “musulmans” pour être de fait bien guidé, assuré de son salut et encore moins “mieux que les autres”...

Dans ces versets, Dieu invite ceux qui historiquement ont accepté la foi et n’ont pas mené une guerre ouverte et volontaire contre Lui, de se laisser faire, de se laisser façonner, de s’autoriser à répondre de l’intérieur, de laisser la procédure s'opérer en eux. C’est ce que signifie le mot “istajibou” qui signifie plus que “répondre à l’Appel” et insiste sur la dimension de “se laisser”, de "se permettre" ou “s’autoriser à répondre”. Car certes, tous les ingrédients étaient réunis pour leur réussite, mais encore leur fallait-il adopter cette posture intérieure d’ouverture, de malléabilité. 

 

Porte, Plage, Ouverture, Entrée, Ouvert, Mer, Océan

 

Il faut se laisser guider, se laisser façonner, s’autoriser à répondre à l’Appel de Dieu et de Son Messager qui nous invite à ce qui peut nous redonner vie et maintenir en vie ! Une Voie vivante qui donne vie demande à ce qu’on soit ouvert à la vie, tout simplement.

Et Dieu leur dit par la suite de faire attention, d’être bien conscients et vigilants, car à force de les voir résister à la Vérité, Il pourrait choisir de venir avec Sa Justice s’interposer entre l’homme et son propre cœur, le coupant ainsi de cette connaissance intime de la Vérité qui est toujours au fond de lui, mais qui devient complètement voilée, intouchable. Et une fois le cœur voilé, impossible de distinguer le vrai du faux. Que Dieu nous protège. 

Et je rappelle encore une fois que notre Seigneur s’adresse ici à des personnes qui étaient déjà officiellement “entrés en islam” et ce, au contact du meilleur être de toute la création (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) qui plus est... Ce qui implique que ce phénomène de résistance aux Enseignements Divins et à la transformation intérieure, ce phénomène de résistance à la Vie et de choix le fardeau des images figées et le poids de la mort existait depuis les tous premiers temps. 

Que Dieu nous protège mes chers frères et sœurs. Et que Dieu nous traite avec Sa Grâce, et non par Sa Justice !



DES GENS VIVANTS 

Pour devenir vivants à notre tour, nous avons besoin de suivre les pas des gens qui sont les modèles de vie que Dieu a envoyés pour nous montrer la Voie. Il s’agit bien entendu des Prophètes et des Amis de Dieu, eux qui sont les êtres humains qui ont vécu et vivent toujours une vie parfaite, qui ont été vraiment vivants. 

Je choisis de parler d’eux au présent, car une narration prophétique nous dit que les connaisseurs de Dieu, ceux qui sont vraiment vivants durant leur passage sur terre, ne meurent jamais. Même leurs corps connaissent une expérience différente des autres une fois que leurs âmes s’en séparent. 

Certes, toutes les âmes vont quitter le corps matériel et terrestre, même celles des Prophètes, mais tous les corps ne connaîtront pas le même sort par la suite : certains, comme ceux des martyrs et des Hommes de Dieu restent conservés dans le même état, et ceux des Prophètes restent non seulement dans le même état mais ils sont en plus de cela aussi parfumés. 

Ceci est seulement pour les corps, alors que dire des âmes ? Les âmes qui ont vraiment vécu leur voyage durant leur passage dans cette vie vont connaître par la suite un élan illimité. Le moment de la mort va les lancer dans un élan parfait dont la vitesse sera toujours multipliée de façon exponentielle. Car cette vitesse dépend de leur sincérité (ikhlas), de leur amour pour Dieu, de leur nostalgie et de leur volonté de se réunir pour Lui et de la force qu’ils ont pu cultiver. 

Lorsque l’âme prend vie, elle ne meurt plus jamais. La vie vient avec une vraie force, incomparable à toute chose, cette force de l’âme dont nous avons parlé précédemment. Ainsi, même si ces Hommes de Dieu peuvent paraître parfois faibles et vulnérables de l’extérieur, même s’ils ont des vies simples et parfois même marginales, intérieurement, ils sont en train de cultiver la force pour ce moment-là. Et cette force sera multipliée par la Grâce (rahma) Divine, de manière exponentielle et infinie. Que Dieu nous accorde d’être parmi eux.



APPELER À LA VIE

Il est dit que les corps de ceux qui avaient pour fonction d’être les hôtes de la mosquée en appelant les gens à l’heure de la prière, ce que l’on appelle “mouadhin” en arabe, connaîtront aussi un sort particulier. Ce sont aussi souvent les personnes qui veillent non seulement sur l’heure de la prière mais aussi sur l’état de la mosquée. Dieu les a sacralisés et a interdit à la terre de décomposer leurs corps, tout simplement car appeler les gens à la prière méditative, à ce moment de développement de connexion, de force et donc de vie spirituelle (salât) ne peut être véritablement effectué que par des gens bien vivants. 

Et là encore, il faut comprendre qu’il ne s’agit pas du simple fait de “faire l’Appel à la prière (adhan)”. Là encore, il est question de positionnement, de posture, de démarche. De connaître et appeler les gens à ce Dieu Vivant, comme il est dit d’ailleurs durant l’Appel : “haya ‘ala salât !” “venez à la connexion”... Et on voit que le mot “haya” a la même racine que le Nom de Dieu “al-Hay”… Le sens de cette phrase répétée deux fois à chaque appel peut être ainsi traduite : “venez prendre vie dans et par cette connexion au Seul et Unique Dieu Vivant, venez saisir ce cordon qui vous maintient en vie” ! Entendre un Appel à la prière effectué par une personne habitée de cette force de vie fait naître cette sensation de se sentir rempli de vie et fait vibrer le cœur. 

Appeler à développer sa connexion, c’est appeler les gens à prendre vie, et non les appeler à un acte de religiosité mort… Et malheureusement, certains appels à la prière ne reflètent pas cette invitation et semblent plutôt nous appeler machinalement à une routine morte et vide et sans vie, comme un bruit religieux fait avec des mots vidés de sens et d’essence… 

D’ailleurs, ce fut une entreprise coloniale que d’enlaidir l’Appel à la prière. Certains hommes se sont fait tuer juste pour la vie et la beauté qui se dégageaient de leur Appel, remplacés aussitôt par l’administration coloniale par des personnes qui, terrorisées à l’idée de subir le même sort, ont accepté de rabaisser la qualité de leur appel. C’était une volonté de destruction, une volonté de faire de tout ce qui touche à la religion une chose bizarre, une construction mentale et sociale déconnectée de la réalité de l’humain et qui ne le nourrit plus, ne le fait plus croître et progresser, ne le fait pas fleurir. Une volonté d’en faire une religiosité morte, un fardeau, un poids mort.



LE VIVANT PARMI LES VIVANTS

Le plus vivant parmi tous ces vivants, le vrai vivant, le bien vivant, n’est autre que le Prophète Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui). Il n’y a pas un être humain qui ait vécu comme lui a vécu, et c’est pour cette raison qu’il n’y a pas de vie plus digne d’être célébrée que sa vie à lui. Il est le bien vivant, celui qui a vraiment vécu, et toutes les autres vies après lui sont relatives. Bien sûr, les vies des autres Prophètes sont elles aussi des vies parfaites et accomplies, tout simplement, il faut comprendre qu’il existe des degrés dans la perfection. Et il est tout à fait naturel que la dernière ligne dans un texte soit la phrase la plus parfaite, et la plus lourde de sens. 

 

 

 

Le Prophète était effectivement cette dernière phrase, cette dernière pierre dans l’édifice que lui-même a décrit qui n’est autre que la prophétie. Selon un récit prophétique, notre Bien-aimé (que Dieu continue de nourrir son être et nous connecte à sa lumière) a dit que chaque Prophète en est une pierre. Il que ne manquait avant sa venue sur terre qu’une dernière pierre qui allait faire toute la différence : la pierre de l’accomplissement et de la complétion qui rend maintenant l’édifice complet et sécuritaire.

Le Prophète Mohammed (que Dieu nous abreuve de sa lumière) a vécu tous ses moments et tous ses moments ont été ce que j’appelle des « moments-mamans » : des moments de renaissance, dans le sens où il a su renaître de ses cendres à chaque instant. Et je dis bien renaître de ses cendres car, à chaque instant, l’ancienne version de lui-même brûlait dans la Lumière de Dieu ! Il était en permanente renaissance, sans cesse renouvelé, en mouvement, en croissance perpétuelle. 

Voilà ce que c’est que de vivre une vie parfaite : c’est vivre une vie qui ne connaît pas la mort, une vie dans laquelle chaque moment est un moment maman, une renaissance, un renouvellement. Ce qui signifie également que chaque moment est éternel. 



UNE RELIGION VIVANTE

Une religion se dit vivante par rapport au nombre de saints qu'elle produit. Et en ce sens, nombreux sont nos ancêtres spirituels, ces hommes et femmes de Dieu bien Vivants, qui ne meurent jamais. Leur Vie se perçoit et se partage dans tout ce qu’ils nous ont laissé (écrits, chants, objets, mais aussi héritiers humains) en héritage, dans leurs traces sur la terre de conscience. 

Ils sont ceux qui ont voué leur existence à cultiver un héritage vivant, une religion d’amour et de connexion vivante, une Vraie Religion dont l’esprit est la capitale et où les gens sont connectés à la Réalité et au Sens. Jamais ils ne l’ont rabaissée à une simple idéologie, à une identité politique qui clive et met chacun dans des cases en prônant une appartenance à un groupe et en s’opposant à ceux qui en seraient extérieurs. Ils ont vécu et transmis la religion vraie et vivante qui n’a besoin que de notre perméabilité à La Vérité qui se manifeste de manière claire et évidente. 

On comprend donc pourquoi les deux Noms de Dieu Vivant (al-Hay) et Réel (al-Haqq) sont autant célébrés et rappelés dans les exercices de développement de conscience (adhkar) qu’ils nous ont légués. Car c’est bien là ce que l'on vient chercher dans la religiosité, c’est pour cela qu’on est là : pour se connecter au Dieu Vivant, au Dieu Réel. 

 

Forêt, Chemin, Le Coucher Du Soleil

 

Car le risque est toujours présent, nous l’avons vu. Si chaque religion commence vivante, son compte à rebours commence dès le premier jour où son prophète commence à inviter les gens autour de lui à Dieu. En effet, si chaque Prophète est une force de vie absolue et extraordinaire, ceux qui l’écoutent le font avec le vivant mais aussi avec le mort en eux. Ainsi, la réception est toujours partielle, incomplète. 

La lutte pour la conscience est une lutte permanente. Mais notre Bien-aimé Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) nous a annoncé la bonne nouvelle : Dieu n’aura de cesse d’envoyer à chaque époque des gens qui vont faire bouger les choses et venir renouveler la vie dans cette eau afin qu’elle ne devienne pas stagnante et stérile. 

Et bien sûr, cela va déranger l’ordre établi, perturber les statues et les statuts... Chaque personne qui veut ramener la vie, garder l’eau en mouvement va déranger le mort qui veut classer les choses dans des classeurs et des dossiers, celui qui veut que tout rentre dans des cases préétablies et qui ne supporte pas le mouvement naturel et spontané de la Vie. C’est comme cela que l’on constate que des grands Hommes de Dieu comme par exemple al-Ghazali, Rumi ou encore sidi Ahmed al-Alawi ont dérangé leurs contemporains, et surtout les "religieux".



A LA RECHERCHE DU PROPHÈTE VIVANT

En se penchant sur leurs œuvres, on comprend que nos ancêtres spirituels ne disaient rien sans intention et attention, et qu’ils nous invitaient à les suivre, à marcher dans leurs pas. Par exemple, un chant de conscience bien connu et célébré a pour parole : “Ma vie est le Messager de Dieu” (hayati RasoulAllah). 

Ma vie, c'est le Prophète. Ma vie, c’est Mohammed ! En d’autres termes, il est ma vie, je vis par lui, il est une réalité vivante ! Et non pas juste un gourou qui est venu imposer un concept, une idéologie que l’on suit juste par opportunisme, par défaut ou par conformisme, parce qu’on s’est retrouvé à tel endroit, à telle époque.

Nous pouvons aussi remarquer cela dans les demandes de connexion au Prophète (salât ‘ala Nabi) dont les Hommes de Dieu ont été inspirés et qu’ils nous ont léguées. Prenons l’exemple de la prière de la Couronne (salât at-tajiya), que vous pouvez retrouver dans le visuel suivant :

 

 

 

 

 

 

Le Prophète y est décrit par plusieurs qualificatifs, notamment : “celui qui est comme le soleil éclatant au moment le plus illuminé de la journée”, “la pleine lune au milieu de la nuit”, “la lumière de la guidance”, “la lanterne dans l'obscurité.”

Nous savons que la formule de base que de demande de connexion que notre Bien-aimé lui-même nous a enseignée (Ô Dieu de mon cœur, connecte-moi à Mohammed et à sa famille), suffit amplement, alors pourquoi nous donner toutes ces descriptions ? 

Tout simplement parce que ces éléments de précision nous parlent, font écho à des choses connues, font bouger quelque chose en nous. Elles sont là pour toucher nos cœurs en nous parlant du Mohammed vivant, vibrant et réel, le Mohammed intemporel et spirituel, car nos ancêtres savaient l’importance de ne pas se limiter à étudier la figure historique du Prophète et de nous relier à lui à travers sa réalité vivante et vraie.  

Sinon, cela revient toujours à la même chose : les mêmes paroles deviennent des mots morts, des étiquettes vides, des concepts inertes et sans vie, alors qu’au contraire, les hommes de Dieu qui ont rédigé ces chants voulaient communiquer quelque chose de vivant qui donne vie. Et c’est justement pour cela qu’ils utilisaient tant de mots, de figures de style et d’images pour évoquer le Bien-aimé. Car ils savaient que tout le monde ne serait pas touché de la même façon par les mêmes mots, par les mêmes manifestations de la Réalité Prophétique.

 

Mahomet, Prophète, Madinah, Ville

 

C’est important de comprendre cela. Il ne s’agit pas simplement de vanter ses mérites ou de chanter ses louanges. Il s’agit plutôt de trouver sa présence, de vibrer à la mention de son nom, de réveiller ce potentiel d’amour universel qui est caché en chacun de nous et qui n’attend que d’être découvert. On ne décrit pas le Prophète pour honorer sa mémoire, pour louer le héros qui a vécu et qui est mort, non. Bien sûr qu’il mérite pourtant d’être loué même en ce sens là, en tant qu’homme physique et temporel, Mohammed fils de Amina et de Abdullah qui a vécu à une époque déterminée dans un endroit déterminé. 

Mais on laisse cela aux historiens en réalité. Et on voit bien que la grande majorité des historiens et des penseurs, d'où qu’ils viennent et quelle que soit leur appartenance religieuse ou culturelle, s’accordent à reconnaître la grandeur de l’homme historique. Un peu d'honnêteté, de justesse et de travail suffisent à constater l’évidence. Nous voyons passer ces citations de tel ou tel écrivain ou philosophe qui a fait ses éloges, Comme la citation célèbre de Lamartine qui a dit : 

 

“Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mohammed ?”

 

Bien sûr que l’évidence est là, elle ne peut être niée. Mais pour autant, ont-ils reconnu et embrassé sa réalité ? Ont-il compris qui il était au-delà de l’espace et du temps ? Non, pas forcément. Ils peuvent nous décrire une impression mentale ou une analyse purement rationnelle, mais ils n’ont pas dépassé ce cap-là, le cap de prendre vie auprès de leur arbre de vie, le cap de se laisser conquérir par l’amour, le cap de l'engagement émotionnel qui vient mettre tout l’être en mouvement, le cap de voir la Vérité et de s’y rendre perméable. 

Voilà pourquoi nous, nous sommes à la recherche d’autre chose. L’histoire comme le passé ne sont pas des fins en soi, et ce n’est pas ce qui nous intéresse en réalité. Ce qui nous intéresse, c’est de trouver le Mohammed vivant et vibrant. Si on le décrit, si on le mentionne et si on raconte son histoire, c’est pour se connecter à lui, qui n’est autre que notre propre source, pour reprendre vie autour de notre arbre de vie. 




 

Arbre, Arbre De La Vie, Cadre, Spirituel

 

 

Puissions-nous entrer dans le monde de la vie éternelle, dans le monde de la vie du Sens, au de-là des cinq sens, là où l’on vit éternellement, là où la mort ne sera qu’un passage d’une vie sage à une vie encore plus sage. 

E la bonne nouvelle, mes chers frères et sœurs, c'est que la vie est contagieuse ! Alors prenez vie !

 




Vous aussi, devenez un acteur de cette réconciliation intégrale et un investisseur de ce projet par vos prières et vos dons à l'Institut Ha-Mim.
Soutenir l'Institut Ha-Mim

Restez connectés à nos publications !