La différence entre la joie et le bonheur

développement de conscience se développer en tant qu'être humain vivre en harmonie avec le divin Apr 26, 2021

 

Joie et bonheur ne sont pas similaires.

 

"Le bonheur, c’est être à la bonne heure. Le bonheur, c’est en harmonie avec les situations auxquelles nous sommes confrontés."

 

TRISTESSE ET JOIE

La joie est un sentiment auquel tu es exposé, un sentiment généré par un contexte dans lequel Dieu te place, une situation perçue comme agréable et positive dans laquelle tu te sens choyé et gâté par Dieu. La joie est aussi une émotion que nous sommes appelés à cultiver : lorsque la joie vient, ne la subis pas, vis-la entièrement et pleinement ! Pas avec de la surexcitation, mais avec reconnaissance et expression saine.

La tristesse aussi est un sentiment auquel tu es exposé. Bien sûr, c’est un contexte que nous ne choisissons pas, mais qui pourtant est nécessaire pour notre développement émotionnel, pour développer en nous notre humanité, notre potentiel de vie. Vis aussi cette tristesse ! Ne la réprime pas ! Elle est légitime, laisse-la s’exprimer. Ouvre lui ton cœur et accueille-la, comme une invitée.

Vivre son deuil est une bonne chose, et ne crois pas que puisque tout ce que Dieu fait est bon, tu n’as pas le droit d’être triste. Au contraire, tu vas apprendre qu’il est possible d’être heureux et triste à la fois. Pas joyeux et triste, car ce sont des sentiments contradictoires, mais heureux et triste, oui. Car le bonheur, c’est autre chose.

 

LE BONHEUR

Le bonheur, c’est être à la bonne heure. Le bonheur, c’est en harmonie avec les situations auxquelles nous sommes confrontés. C’est vivre, tout simplement. Le bonheur, c’est un texte que tu écris, c’est pleurer à chaudes larmes lorsque Dieu rappelle à Lui un être qui t’est cher.

 

"Le bonheur, c’est savoir vivre et recevoir cœur et bras ouverts le moment présent comme un présent qui vient de Dieu."

 

Lorsque le bienheureux Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) a perdu son enfant, son oncle ou encore son épouse, il a pleuré. Pour notre mère Khadija (que Dieu continue de nourrir son être et nous connecte à elle), il a même exprimé sa tristesse jusqu’à la fin de sa vie. Quelques mois avant qu’il ne meure, il a choisi de passer une nuit sur son tombeau, une nuit durant laquelle il a pleuré, il a entretenu son souvenir d’elle et a vécu ce moment pleinement.

Le bonheur, c’est l’art de transiger avec Le Seigneur. C’est l’art de recevoir Dieu dans tous nos états. Parce que Dieu vient toujours à l’heure, Il est Celui qui ne commet aucune faute. Tout ce que Dieu fait est un bienfait, parce que tout ce que fait Dieu est bien fait.

Le bonheur, c’est arriver à l’heure pour vivre la connexion avec le Seigneur, Le bonheur, c’est savoir vivre et recevoir cœur et bras ouverts le moment présent comme un présent qui vient de Dieu.

Le jour de l’Ouverture de la Mecque, notre Bien-Aimé a laissé ses compagnons et est allé se recueillir et pleurer sur le tombeau de sa mère. Pensez-vous qu’il était malheureux ou en colère contre Dieu ? Comment pourrions-nous ne serait-ce que penser une chose pareille ? Il était le bienheureux et le reconnaissant par essence et par excellence.

 

"Tout ce que Dieu fait est un bienfait parce que tout ce que fait Dieu est bien fait."

 

D’ailleurs c’est exactement ce qu’il a exprimé lorsque son enfant, le bien-aimé Ibrahim est décédé (que Dieu continue de nourrir son être et notre connexion à lui). Un petit garçon qui commençait déjà à parler, à jouer. Un garçon qu’il a vu rendre son dernier souffle. Le Prophète a fermé ses yeux, a pleuré longuement, abondamment. Ses larmes chaudes sont descendues sur la joue d’Ibrahim, et il a dit :
“Par Dieu, de cette séparation, mon fils Ibrahim, je suis triste.
Et de ce que Dieu a décrété, je suis heureux.
Et nous ne disons que ce qui plaît à notre Seigneur”.

Ainsi, dire que l’on est triste, que l’on a le cœur lourd qui saigne de tristesse ne signifie pas que l’on s’oppose à Dieu ou que l’on refuse Son décret pour nous. Au contraire, c’est être en harmonie avec ce qu’Il veut nous faire vivre. Car la tristesse est plus que normale, la tristesse est sacrée ! C’est sacré et ça crée en nous quelque chose, cela nous ouvre de nouvelles perspectives sur notre monde intérieur.

Ainsi, le bonheur n’est pas la joie : la joie est un sentiment alors que le bonheur est une réalisation spirituelle.

Et toutes les louanges se dirigent et s’orientent vers Dieu, le Seigneur Nourricier et Cultivateur des âmes et des consciences.

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Enseignement donné lors de la conférence Les dimensions du soufisme, donnée à Mulhouse en Décembre 2019.

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