Le mois de Cha'bane - Chercher la proximité des cœurs

alignement amour cha'bane développement de conscience prophète mohammed émotionnel/coeur Mar 22, 2022

 

Le mois de Cha’bane est un mois consacré à la réconciliation et à la recherche de proximité avec le Prophète Mohammed (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui). Mais quelle genre de proximité pouvons-nous chercher avec lui, nous qui vivons 1400 ans après son départ du monde terrestre et matériel ? 

La proximité que nous cherchons est la proximité spirituelle, la proximité des cœurs. Car en réalité, la proximité des corps sans proximité des cœurs est le cœur même de l’éloignement, que Dieu nous protège et vous protège.

 

 

 

 

LOIN DES YEUX, PRES DU COEUR...

Il vaut mieux être loin physiquement si l’on est distant spirituellement. Plus encore, il faut considérer l’éloignement physique de celui qui subit l’éloignement du cœur comme étant une Grâce Divine, un prétexte qui peut faire office d’excuse ou de justification, excuse qui ne pourra pas servir à celui qui était proche physiquement… 

On voit par exemple comment l’oncle du Prophète, Abu Jahal, était proche physiquement de notre Bien-aimé (que Dieu continue de renforcer sa lumière et son amour et nous donne un vrai lien avec lui). On ne peut qu’imaginer toutes les opportunités et toutes les invitations de rapprochement qu’il a dû recevoir en étant dans la proximité physique et même familiale du Messager de Dieu… Il était son oncle, et le Prophète l’aimait. Ce dernier n’a eu de cesse de prier pour lui ainsi que pour sa terrible épouse, eux qui l’avaient vu grandir, eux qui avaient vu les miracles depuis sa naissance… Et pourtant, Abu Lahab n’a expérimenté que l’éloignement du cœur. Il a eu beau être proche physiquement avec toutes les possibilités de rapprochement, il a tout de même choisi de s'éloigner émotionnellement… 

D’ailleurs, il faut comprendre que si Dieu a fait descendre notre père Adam (que Dieu nous connecte à lui) du paradis, ce n’est que par Pure Grâce. Car si Adam et Eve avaient donné naissance à leurs enfants au paradis, les mêmes événements se seraient produits que ceux qui ont marqué l'histoire de l’humanité : Qabil aurait tué Habil, puis au bout de quelques générations, les gens se seraient tournés vers des idoles et auraient choisi le schéma de l’ingratitude et de la négativité… Oui, au sein même du paradis… qui serait donc devenu un enfer ! 

 

Car en réalité, tout ce chemin n’est pas une question de lieu ou de position physique. C'est une question d’orientation des cœurs. 

 

Boussole, Orientation, Carte, Adresse


JUSTE UN VOILE

Pour comprendre cette Réalité, nous pouvons méditer sur la description que Dieu nous donne du paradis et de l'enfer dans Sa Parole Sacrée. Il dit en évoquant l’enfer et le paradis : 

 

“Et entre les deux, il y aura un voile (hijab) ...” (Sourate 7, Verset 46)

 

Tout simplement. Il n’évoque aucune distance physique : d’un côté se trouve le paradis, de l’autre l'enfer, et entre les deux, un voile, un mur, une simple barrière, une séparation subtile. Nous sommes invités à les imaginer presque au même endroit, puisque, dans les versets qui suivent, Dieu nous décrit comment les gens du paradis et les gens de l’enfer peuvent se voir, et même se parler… 

 

Heaven et Enfer - Photo

 

D’un côté de cette séparation, on voit la Grâce et l’Amour, de l'autre côté on voit le malheur et l’isolement. D’un côté, on voit la Proximité, l'appartenance à Dieu et la Douceur et de l'autre côté, on voit la souffrance, la distance et l'éloignement. Que Dieu nous protège et vous protège.

Ainsi, on comprend que la différence entre les gens du paradis et ceux de l’enfer n’est pas une différence physique qui se jouerait au niveau des corps. Il s’agit d’une différence des cœurs : les gens du Paradis vivent la proximité des cœurs alors que les gens de l'enfer subissent la douleur de la distance et l'éloignement des cœurs. 




LES RÉVÉLATIONS PRÉCÉDENTES 

Il est vrai que dans des Révélations précédentes, Dieu a invité l'humain à imaginer les choses différemment, notamment avec cette représentation d’un Paradis comme étant un royaume céleste et de l'enfer comme un monde souterrain fait de souffrances. 

 

 

Cette description est vraie en un sens, mais une fois encore, il nous faut comprendre qu’il ne s’agit pas là d’une description physique. Ce que cette description nous enseigne, c’est que le paradis est le monde des aspirations et des âmes élevées, un monde céleste donc, alors que l'enfer est une prison, un trou, un enfer-mement dans la matière, d’où l’idée souterraine de cette description. Ainsi, ceux qui cherchent la force dans la matière finissent par subir le poids de la matière et par y être enfermés, alors que ceux qui cherchent la force dans le Sens, dans l’Esprit (Rouh), voient leur esprit renforcé par Dieu et peuvent s’envoler au Royaume des cieux. 

 

En cherchant à comprendre la description que propose le Qor'an, on voit que le procédé est finalement le même : il s’agit de décrire quelque chose d’intérieur, une réalité que nous expérimentons déjà dans ce bas-monde. En effet, le paradis et l’enfer sont des réalités que nous expérimentons déjà ici-bas. Déjà ici et maintenant, on peut voir deux personnes côte à côte physiquement, et parmi elles l’une vit le paradis en son cœur, et l’autre subit l’enfer. Elles se voient et se parlent, et entre elles ne se trouvent qu’un voile subtil et même invisible pour les yeux. Pourtant, l’état de leur cœur et leur réalité sont totalement opposés. Que Dieu nous protège et vous protège. 




POURQUOI DÉCRIRE CE QUE NOUS NE POUVONS IMAGINER ?

Aucune de ces descriptions n’est en réalité une description d’une réalité physique. Car de toute façon, les capacités d’imagination et de conception dont Dieu nous a dotés ne sont pas équipées pour pouvoir imaginer ou concevoir le monde invisible. On ne peut ni le comprendre, ni l’imaginer réellement ni en saisir la réalité. 

Alors, pourquoi ce genre de description ? Pourquoi nous inviter à imaginer ces dimensions-là, alors que notre imagination est trop limitée pour les visualiser tels qu’ils sont en réalité ? 

Si nous sommes invités (et grandement invités car tout le Qor’an nous invite à cette imagination), à utiliser notre imagination au sujet de ce monde invisible, ce n’est pas pour le comprendre, le saisir ou le figer, au contraire. Le but de ces descriptions est de venir éveiller, impacter, influencer et diriger nos émotions.

Lorsque nous parlons “d’émotion”, il faut faire la distinction avec les sentiments ou les sensations qui relèvent du mental au même titre que l’imaginaire. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Nous parlons bien ici du cœur et non du mental, des émotions saines et sacrées qui sont l’essence, le moteur du cœur, et qui seules peuvent nous mettre en mouvement, nous engager dans la Voie de Dieu. 

 

 

Le rôle de ces descriptions est donc de travailler nos cœurs, de nous faire désirer et aspirer au paradis et au cœur du Paradis qui est la Proximité de Dieu, et de nous détourner, de faire naître en nous une peur qui nous pousse à chercher refuge auprès de Dieu contre l'enfer et le cœur ou de l'essence de l'enfer qui est la distance et la séparation de Dieu.




VOYAGER VERS MOHAMMED

Ce mois est le mois où nous cherchons la proximité du Bien-aimé (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) à travers des prières, un exercice de développement de conscience que l’on nomme “salât ‘ala Nabi”. 

Le mot “Salât” renvoie certes à l’exercice de la prière rituelle, mais il veut dire aussi “connexion”, “lien”. Il porte en lui le sens du rapprochement, c'est-à-dire dans un premier temps que l’on demande à ce que l'Assistance Divine se rapproche sans cesse de l'esprit et de la lumière de Mohammed pour venir le renforcer. En célébrant nos “salât ‘ala Nabi”, nous sommes en train de demander à Dieu de continuer cette multiplication de la lumière de Mohammed, de continuer de la nourrir et de renforcer sa connexion, de continuer de l'assister dans le monde spirituel. 

 

 

Nous demandons aussi à ce que Dieu nous aide à nous connecter au Prophète, à nous rapprocher de lui, à nourrir un lien réel entre lui et nous, à raccourcir la distance entre nous et notre Guide et Maître Enseignant Mohammed. 

Notre but ultime et le but ultime de la personne spirituellement intelligente, c'est que son cœur finisse par fusionner dans le cœur de Mohammed, lui qui est l'être doté de la plus grande intelligence spirituelle, lui qui est le voile ultime à travers lequel on peut s’approcher et contempler Dieu Lui-même…

On peut donc voir l’exercice de “salât ‘ala Nabi” comme un voyage, comme si on demandait à Dieu : “Aide-nous dans ce voyage vers Mohammed”... Car c’est la Réalité de ce chemin, nos cœurs sont en voyage, un voyage de développement d'intelligence et de maturité spirituelle vers la destination qui est la réalité spirituelle du cœur de Mohammed : l'intelligence accomplie et le plus haut degré de maturité.

D’ailleurs, lorsqu’on visite la mosquée du Bien-aimé dans la Ville Sainte de Médine, on cherche à entrer dans la Rhoda, qui est symboliquement le cœur de Mohammed, et en demandant le Paradis, on demande à entrer pour toujours dans le cœur de Mohammed, car le Paradis n’est autre que la Révélation de sa Réalité spirituelle... 




CHERCHER L’ALIGNEMENT

Autre façon tout aussi valable de vivre et d’expérimenter nos demandes de connexion au Prophète, nous pouvons imaginer que nous sommes en train de demander à Dieu de diriger nos cœurs dans la même direction que son cœur à lui, dans un alignement parfait. 

L’essentiel est que nos cœurs soient dirigés dans la direction du cœur de Mohammed, que nos cœurs soient des cœurs aspirants et non pas des cœurs expirants, que Dieu nous protège. Des cœurs qui aspirent à tout ce qui est élevé et non et non pas des cœurs qui sont attachés au monde matériel. A travers la demande de connexion au Prophète, nous cherchons à libérer nos cœurs des attaches matérielles pour les attacher au spirituel. Nous cherchons à les diriger vers Dieu, vers tout ce qui est sublime, tout ce qui est élevé dans les yeux de Dieu et dans les yeux de Son Prophète. 

 

 

Voilà où réside la bataille et la recherche de la personne intelligente : chercher à synchroniser les battements de son cœur spirituel avec ceux du cœur du Prophète. Or, le cœur spirituel ne bat pas comme le cœur physique, plutôt, il est en mouvement, il chemine, il marche, un pas après l’autre, et ainsi, la personne qui cherche à vivre en Paix avec Dieu ne cherche qu’à synchroniser les pas de son cœur spirituel avec les pas du cœur spirituel du Prophète. 



Le mois de Cha’bane est donc ce mois de voyage durant lequel on vise à entrer dans le monde du Prophète, dans le paradis de Mohammed, qui, sur terre, est le mois de Ramadan. Et notre aspiration est d’entrer et de vivre dans le monde de Mohammed durant ce mois de Ramadan qui s’annonce, pour pouvoir vivre un Ramadan mohammadien. 

 

Amine

 


 

Article issu d'un enseignement donné à Ottawa et en ligne à un cercle d'élèves en avril 2020

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