L'attitude à adopter pour les dix dernières nuits du mois de Ramadan

nourrir sa relation avec dieu et apprendre à lui parler ramadan vivre en harmonie avec le divin May 01, 2021

Durant la dernière décade du mois de Ramadan il est dit que le Prophète (que Dieu continue de nourrir son être, sa lumière et notre connexion à lui) pliait sa natte, se serrait la ceinture, observait la retraite spirituelle (i’tikaf) à la mosquée et encourageait sa famille à faire de même. On comprend par là qu’il dormait à peine, peut-être une heure ou moins le matin après la prière de milieu de matinée (Doha) et aussi qu’il mangeait très peu, juste quelques dattes et de l’eau et qu’il se retirait dans la mosquée. 

Le rythme du mois de Ramadan s’accélère de décade en décade augmentant et multipliant graduellement en force et en générosité. Lors des dix premiers jours, le Prophète se permettait un peu de repos la nuit et une petite sieste après la prière de l’après-midi mais dans les dix  derniers jours du mois, il ne dormait et ne mangeait que très peu. Par cette attitude, il souhaitait nous enseigner qu'il est possible de discipliner notre corps et ses besoins. Il s'habituait progressivement à la diminution de nourriture et de sommeil au point que notre Bien-aimé (que Dieu nourrisse son être, sa lumière et notre connexion à lui) vivait quasiment sans manger ni dormir durant ces dix jours bénis. 

 

"Le rythme du mois de Ramadan s’accélère de décade en décade augmentant et multipliant graduellement en force et en générosité."

 

De nos jours, nous voyons des gens qui prétendent faire une retraite spirituelle à la mosquée ou même chez eux, mais qui passent leur temps à manger et ne cessent de bavarder et de blaguer même pendant les prières nocturnes (tarawih), pour finir par somnoler et ronfler au lieu de prier. Ce genre d'attitude est incompatible avec l'énergie et l'enthousiasme qui devrait nous habiter lors de ces jours et nuits bénis, ces opportunités que Dieu nous donne de nous rapprocher de Lui.

Le vrai croyant, celui qui a vraiment goûté au mois de Ramadan, devient tel un ange lorsqu’arrivent les dix derniers jours. Il est touché par l’énergie angélique dont il va puiser sa force au détriment de l’énergie procurée par la nourriture matérielle. Les hommes de Dieu se contentent de quelques dattes et d’une gorgée d’eau au moment de l'ouverture du jeûne (iftar) et ne mangent en public que pour rendre les gens heureux de leur présence en partageant leur repas. 

 

"Le vrai croyant, celui qui a vraiment goûté au mois de Ramadan, devient tel un ange lorsqu’arrivent les dix derniers jours. Il est touché par l’énergie angélique dont il va puiser sa force au détriment de l’énergie procurée par la nourriture matérielle."

 

Un mois de jeûne doit permettre une diminution des besoins physiques : on réduit progressivement la nourriture pour finir par se suffire par exemple de quelques dattes, des fruits, un peu de pain, des olives et de l’eau. Et surtout, il faut refuser de s’abandonner à la paresse ! Et là, vous verrez, vous irez puiser votre force dans l’énergie subtile et cachée et vous découvrirez en vous un être bien plus cher que votre chair, bien plus élevé que l’animal en vous qui a besoin de manger, dormir et s’accoupler. 



PAS DE VIE MONASTIQUE EN ISLAM ? 

On attribue au Prophète (que Dieu nourrisse son être, sa lumière et notre connexion à lui) la narration qui dit qu’il n’existe pas de vie monastique en islam. Il faut nuancer cette affirmation. Il est vrai qu’en islam il n’existe pas une élite spirituelle qui vivrait dans des couvents en adorant Dieu pour le compte des autres, écoutant leurs confessions et prélevant leurs impôts. Il n'y a pas d'un côté des catégories de la population qui s'occupent de l'adoration du Créateur et des affaires spirituelles et de l'autre des personnes qui seraient cantonnées aux affaires matérielles et commerçantes. Mais cela signifie-t-il que le musulman ne peut pas vivre cette vie monastique ne serait-ce que quelques jours dans l’année ? 

 

"En islam, il n'y a pas d'un côté des catégories de la population qui s'occupent de l'adoration du Créateur et des affaires spirituelles et de l'autre des personnes qui seraient cantonnées aux affaires matérielles et commerçantes."

 

Certes, il n’y a pas de monachisme en islam mais pourtant la discipline de la vie monastique existe et est même nécessaire. Le Prophète, (que Dieu nourrisse son être, sa lumière et notre connexion à lui) les compagnons, les saints et les maîtres spirituels observaient tous une discipline saine, sans pour autant tomber dans l’obsession. Et cette discipline ne visait pas à se construire une image, bien au contraire de ce que l'on peut constater dans certains cercles aujourd’hui, où tout est devenu cérémonie et protocole au point de se demander où est passée l’âme des rituels. 

Pour bâtir la personnalité du croyant, un minimum de discipline et de travail au développement personnel et spirituel (tarbiya) sont nécessaires. Selon l’Imam al Ghazali (que Dieu nous connecte à son héritage), la voie prophétique (la sunna) invite à s’adonner à la vie monastique au moins dix jours par an, les dix derniers jours de Ramadan et de vivre comme un moine, en contrôlant sa nourriture et son sommeil. 

 

"Pour bâtir la personnalité du croyant, un minimum de discipline et de travail de développement personnel et spirituel (tarbiya) sont nécessaires."

 

Notre Bien-aimé le Messager de Dieu vivait une vie que l'on pourrait qualifier de monastique durant les dix derniers jours du mois béni de Ramadan. Il cherchait par cette démarche à augmenter sa perméabilité déjà parfaite à la descente des Anges et du Saint Esprit qui se déroule lors de la Nuit du Pouvoir et de la Valeur.

L’excès de nourriture, la dureté du cœur, la médisance, le bavardage excessif à la mosquée, les sonneries du téléphone et l’insouciance, toutes ces mauvaises qualités et mauvaises attitudes affaiblissent le corps et le cœur. Elles brûlent toutes les bonnes œuvres (hassanats) et empêchent de bénéficier de la présence des Anges qui descendent pendant cette nuit bénie. De nombreuses narrations prophétiques (hadiths) en témoignent, et que ce soit chez soi ou à la mosquée, toutes ces attitudes déplacées dérangent et gâchent la sacralité du lieu et du moment.

 

"L’excès de nourriture, la dureté du cœur, la médisance, le bavardage excessif à la mosquée, les sonneries du téléphone et l’insouciance, toutes ces mauvaises qualités et mauvaises attitudes affaiblissent le corps et le cœur."


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Enseignement tiré de la série "les secrets du jeûne", enregistréE à Ottawa et retransmisE en ligne lors du Ramadan en Avril-Mai 2019

 

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